Contexte commercial
Hyundai propose désormais le module d'affichage du tableau de bord comme option payante sur deux de ses modèles phares. En Corée, le Avante (version locale de l'Elantra) propose un écran de 9,9 inches pour 350 000 won, soit environ 255 $. L'Ioniq 3 électrique, quant à lui, ne propose ce même affichage que dans la version supérieure, ce qui implique un surcoût de 5 000 $ pour accéder à la configuration désirée. Cette stratégie s’inscrit dans la logique de monétisation de fonctionnalités autrefois standard, rappelant la suppression des écouteurs et chargeurs par Apple en 2020.
Architecture du système Pleos Connect
Les deux modèles utilisent le nouveau système d’infodivertissement Pleos Connect. L’architecture associe un écran tactile central à un petit écran dédié placé au-dessus du tableau de bord. Le module de 9,9 inches ne contient pas de processeur dédié ; il agit comme un affichage secondaire piloté par le processeur principal du système central, ce qui réduit le coût matériel mais augmente la dépendance du conducteur à l’écran central pour les informations critiques (vitesse, alertes). Le même design a d’abord été déployé sur la berline Grandeur, où il est présent de série dans toutes les finitions grâce à un prix de base plus élevé.
Impacts sur l’expérience conducteur et la sécurité
Le déplacement des données de vitesse et des messages d’avertissement vers l’écran central modifie la chaîne visuelle du conducteur. Des études ergonomiques montrent qu’un affichage dédié dans le champ de vision réduit le temps de regard hors route de 0,2 à 0,4 seconde, ce qui améliore la sécurité. En supprimant cet affichage, Hyundai impose aux conducteurs de détourner le regard vers le centre, augmentant potentiellement le risque d’incident. Le coût de 255 $ pour le module sur l’Avante représente environ 0,5 % du prix total du véhicule, un montant marginal pour le fabricant mais perceptible pour le consommateur.
Perspectives et limites
Hyundai prévoit d’équiper 20 millions de voitures du système Pleos Connect d’ici la fin de la décennie, incluant les marchés nord‑américains où aucune version actuelle ne propose ce dispositif. L’absence de l’option aux États‑Unis évite momentanément le débat sur le coût, mais la future introduction pourrait forcer les acheteurs à choisir entre un prix plus élevé ou l’abandon d’un affichage dédié. Le manque de transparence sur la consommation énergétique du module supplémentaire et sur les tests d’usabilité laisse une zone d’incertitude quant à l’impact réel sur la durée de vie de la batterie des modèles électriques.