Contexte et objectifs de l’IEA
L’International Energy Agency (IEA) a publié un rapport qui propose d’atteindre 35 % d’électrification de l’énergie finale d’ici 2035. Cette ambition repose sur l’idée que les trois piliers du « energy trilemma » – coût, sécurité et impact environnemental – convergent davantage, notamment à cause de la hausse des prix du carburant liée au conflit en Iran. Le chiffre de 35 % représente une hausse par rapport aux 23,4 % enregistrés en 2025, après une progression de 16,7 % en 2000.
Analyse des avantages chiffrés
Le rapport IEA fournit des comparaisons de coûts énergétiques pour les ménages et les transports. Avec 100 $, une voiture à moteur à combustion parcourt 862 miles, alors qu’un véhicule électrique (VE) parcourt 2 310 miles, soit près de trois fois plus d’autonomie. Pour le chauffage, 100 $ permettent à une pompe à chaleur d’assurer 42 jours de confort, contre 30 jours pour une chaudière à gaz, soit un gain de 40 %. Ces marges sont basées sur les moyennes mondiales de 2025 et sont probablement plus importantes aujourd’hui, les prix du pétrole et du gaz ayant augmenté plus rapidement que ceux de l’électricité.
Obstacles techniques et économiques
Les chercheurs soulignent que la transition ne sera pas uniforme. Les secteurs lourds – camions, transport maritime et aviation – restent dépendants de carburants à haute densité énergétique, pour lesquels les alternatives électriques sont limitées par la capacité de stockage et le poids des batteries. Les barrières commerciales, notamment les restrictions à l’importation de panneaux solaires chinois, freinent également la diffusion des technologies renouvelables. Sur le plan financier, le coût d’investissement initial des éoliennes, panneaux photovoltaïques et pompes à chaleur demeure élevé, même si leurs coûts d’exploitation sont faibles. Les centrales à combustibles fossiles affichent un profil de coût similaire à l’installation, ce qui rend la comparaison purement économique difficile.
Implications géopolitiques et sociales
Dans les économies à revenu moyen, comme le Nigeria, le rapport indique que les combustibles fossiles restent économiquement attractifs à court terme. Une étude publiée dans *Energy Economics* montre que, sans aide internationale, les coûts d’infrastructure électrique dépassent largement les bénéfices attendus. Les décideurs politiques, souvent influencés par des industries établies, peuvent retarder les réformes, comme le souligne Emily Grubert (Université Notre‑Dame). Ainsi, même si le signal de 35 % d’électrification pourrait orienter les investissements, la réalisation dépendra de politiques de soutien, de financements publics et de la capacité à réduire les coûts d’installation des technologies propres.