Contexte de l’incendie
Au début du mois de juin, un feu s’est déclaré dans le bâtiment encore inachevé du centre de données Lake Mariner, situé à Somerset, New‑York. Les pompiers du service Barker ont signalé l’absence d’alarme fonctionnelle, l’absence de système d’extinction et trois hydrants hors service. Les fiches de données de sécurité, obligatoires pour informer les intervenants des produits chimiques présents, auraient été détruites par les flammes, laissant les équipes « à l’aveugle » face à une fumée noire dense d’origine inconnue.
Structure de propriété et responsabilités
Le campus, évalué à 3,2 milliards de dollars, repose sur une chaîne de détention complexe. TeraWulf possède et exploite le centre, mais le terrain est loué à une société contrôlée par le même PDG. Fluidstack, société britannique d’IA, assure l’exploitation du centre, tandis que Google détient des bons de souscription garantissant un futur participation de 14 % et s’engage à couvrir les loyers de Fluidstack. Anthropic figure parmi les clients dont la demande de calcul justifie l’existence du site. Cette multiplicité d’acteurs crée un maillage où chaque entité peut invoquer les autres pour se décharger de la responsabilité directe.
Mesures de sécurité et lacunes
TeraWulf a déclaré être responsable de la « sécurité opérationnelle et de la préparation aux urgences », incluant les systèmes de sécurité requis et la coordination avec les premiers intervenants. Après l’incident, la société a installé des boîtes Knox, ajouté des hydrants et fourni des « go‑bags » contenant des fiches de données de sécurité. Cependant, à la mi‑août, le chef des pompiers a confirmé que les hydrants restaient secs et que les travaux d’installation n’étaient pas achevés. Le représentant Knox a visité le site, mais aucune mise en œuvre concrète n’a été observée, soulignant un écart entre les engagements déclarés et les actions effectives.
Enjeux de responsabilité et perspectives
Le feu met en lumière les difficultés de faire appliquer les normes de sécurité dans un environnement où la propriété foncière, l’exploitation et le financement sont dissociés. L’absence de documents de sécurité et de systèmes d’alarme rend la conformité aux codes locaux difficile à vérifier, ce qui complique les enquêtes post‑incident. La présence de garanties financières de Google et la participation d’acteurs comme Anthropic ne clarifient pas qui doit financer les correctifs de sécurité ou assumer les coûts de dommages. Cette opacité juridique pourrait inciter les régulateurs à renforcer les exigences de transparence sur les chaînes de détention et à imposer des audits de sécurité indépendants pour les projets d’envergure similaire.