Contexte du rappel

La société Inmo a annoncé le rappel de ses lunettes intelligentes Air3 après que le tempon gauche a pu surchauffer lors d'une utilisation prolongée. La US Consumer Product Safety Commission (CPSC) a recensé 10 signalements de brûlures ressenties au niveau du visage et de l'oreille gauche. Le rappel porte sur plus de 1 600 unités vendues aux États-Unis et au Canada entre décembre 2025 et août 2026, à des prix compris entre 900 $ et 1 300 $ via le site officiel, Amazon et une campagne Kickstarter.

Les modèles concernés se reconnaissent à une monture noire et à une étiquette « Air3 » apposée sur le tempon droit. Inmo invite les utilisateurs à cesser immédiatement l’usage et à demander une mise à jour logicielle gratuite pour corriger le problème.

Mécanisme de surchauffe

Les Air3 intègrent un processeur ARM et une batterie lithium‑ion placés dans la branche du tempon afin d’alimenter l’affichage tête‑haute et les capteurs de suivi oculaire. Aucun dispositif de dissipation thermique actif n’est présent dans cette zone, ce qui crée une concentration de chaleur lorsque le processeur reste actif pendant plusieurs minutes. La chaleur s’accumule derrière le matériau de la monture, augmentant la température de la surface en contact avec la peau.

Inmo avait déjà fourni un manchon protecteur en silicone destiné à isoler la tête de la chaleur excessive. Ce manchon ne suffit pas à empêcher le transfert thermique lorsqu’une charge de travail soutenue (par exemple, affichage vidéo continu) est appliquée, d’où les sensations de brûlure rapportées.

Analyse des risques et réponses

Une température de surface supérieure à 45 °C peut provoquer des lésions cutanées après quelques minutes d’exposition. Le fait que le défaut touche uniquement le tempon gauche indique une asymétrie dans la répartition du circuit de puissance ou du dissipateur thermique. La mise à jour logicielle proposée vise probablement à réduire la fréquence d’horloge du processeur ou à limiter la durée d’activation des modules d’affichage afin de diminuer la production de chaleur.

En l’absence de correctif matériel, la solution logicielle reste la seule voie de mitigation. Les utilisateurs qui ne peuvent pas appliquer la mise à jour restent exposés à un risque de brûlure, ce qui justifie le rappel complet. Le cas souligne l’importance d’intégrer des simulations thermiques dès la phase de conception des appareils portables, surtout lorsqu’ils combinent puissance de calcul et contact direct avec la peau.