Annonce et portée du test

Instagram a annoncé lundi le lancement d’un test nommé Features, qui autorise le téléchargement de vidéos d’une durée maximale de 90 minutes. Le test débute au Brésil et s’étend à une petite cohorte aux États-Unis. Cette fonctionnalité remplace l’ancien produit IGTV, abandonné il y a huit ans, et s’inscrit dans une stratégie visant à offrir aux créateurs un format plus long que les Reels habituels.

Architecture vidéo et formats

Le passage à des vidéos de 90 minutes impose des exigences supplémentaires sur les pipelines d’encodage et les réseaux de diffusion de contenu (CDN). Instagram doit gérer des tailles de fichier supérieures, assurer une conversion efficace en formats compatibles avec le streaming vertical et maintenir la latence sur les appareils mobiles et la TV. Le mécanisme Clips as Reels permet de découper automatiquement des extraits courts à partir du long métrage, créant ainsi des Reels qui renvoient vers la vidéo complète. Cette approche nécessite une indexation dynamique et une synchronisation entre les bases de données de Reels et de Features, ainsi que la mise à jour du hub de découverte intégré aux profils créateurs.

Modèle de monétisation comparé

Actuellement, Instagram propose des revenus issus de marques, d’abonnements et d’un petit programme basé sur la performance, mais la société indique qu’elle dépense davantage qu’elle ne récupère via ces mécanismes. En revanche, YouTube applique un modèle publicitaire direct : les créateurs du Programme Partenaire perçoivent 55 % des revenus publicitaires générés par leurs vidéos. YouTube a déclaré avoir versé plus de 100 milliards de dollars aux créateurs, artistes et médias sur les quatre dernières années. L’ajout potentiel de publicités dans les vidéos de 90 minutes pourrait augmenter le nombre d’impressions publicitaires disponibles, mais Instagram n’a pas encore détaillé les formats d’insertion ni les taux de partage des revenus.

Implications pour les créateurs et la concurrence

Si Instagram parvient à monétiser efficacement les vidéos longues, les créateurs pourraient diversifier leurs sources de revenus sans quitter la plateforme. Cependant, la réussite dépendra de la capacité d’Instagram à générer un inventaire publicitaire suffisant, à garantir la qualité du streaming sur des durées accrues et à intégrer les algorithmes de recommandation entre formats courts et longs. Le test représente également une tentative de retenir l’audience qui migre habituellement vers YouTube pour du contenu long, tout en conservant la dynamique de partage propre aux Reels. La viabilité à long terme restera conditionnée par les retours des créateurs, les performances des publicités et l’efficacité des outils de découverte mis en place.