Contexte et problème initial
Dans un townhouse new‑yorkais, un câble Cat6 installé à chaque étage a commencé à ne fournir que 100 Mbps, alors que le commutateur et le point d’accès HPE AP25 supportent jusqu’à 2,5 Gbps. La dégradation provient très probablement de paires endommagées ou d’une mauvaise mise en œuvre du tirage initial, ce qui limite la bande passante à la vitesse Ethernet 100BASE‑T. Re‑fisher le câble aurait nécessité de percer les murs épais, tandis que le maillage Wi‑Fi était rejeté à cause de l’atténuation importante due aux cloisons.
Solution fibre « invisible » et architecture
Le propriétaire a opté pour une fibre optique « invisible », conçue pour les rétrofits d’appartements. Une boucle de 20 m (60 ft) de fibre UPC a été posée entre les deux étages, fixée avec l’adhésif fourni afin de pouvoir la retirer sans endommager les structures. Les extrémités de la fibre sont reliées à deux convertisseurs média, chacun équipé d’un transceiver SC bidirectionnel SFP+. Les transceivers utilisent le même connecteur SC que les réseaux PON, mais fonctionnent en Active Ethernet, probablement propriétaire, ce qui évite d’avoir à respecter une norme IEEE précise.
Analyse technique des composants
Le commutateur choisi est un MikroTik CRS304‑4XG‑IN, un châssis cuivre 10 GbE. Bien que le dispositif supporte des modules SFP+, le choix d’un modèle cuivre a été motivé par la disponibilité et par la chaleur générée par les SFP+ cuivre, qui peut devenir critique dans un boîtier compact. En utilisant des convertisseurs média, le signal électrique du commutateur est converti en optique, transporté sur la fibre et reconverti en cuivre à l’autre extrémité. Cette architecture minimise les pertes d’insertion (typique <0,5 dB pour 20 m de fibre multimode) et élimine les interférences électromagnétiques, ce qui explique le gain de performance par rapport au câble Cat6 défectueux.
Performances et limites
Après mise en service, le lien fibre a délivré environ 300 Mbps, soit trois fois la vitesse du câble Cat6 dégradé, bien que le système ne profite pas encore de la pleine capacité 2,5 Gbps du point d’accès. La limitation provient probablement du débit maximal supporté par les convertisseurs média ou par les transceivers SFP+, qui ne sont pas spécifiés pour le multi‑Gigabit. Néanmoins, la solution a évité des travaux de perçage, a conservé la segmentation VLAN grâce aux ports du commutateur et a offert une latence réduite grâce à la faible dispersion de la fibre. Le coût total, incluant la fibre, les convertisseurs et les transceivers, reste inférieur à celui d’une intervention de professionnel pour refaire le câblage cuivre, tout en offrant une extensibilité future si des modules SFP+ 10 GbE sont ajoutés.