Présentation
Le blog d’IP Trust propose une visualisation qui transpose les 3,6 milliards d’adresses IPv4 disponibles sur les 135 millions de km² de terre émergée (hors Antarctique). Chaque pays voit sa superficie recalculée proportionnellement à son nombre d’adresses, ce qui génère un « carte des adresses » où les frontières sont redessinées en fonction du poids numérique de chaque réseau.
Méthodologie
La formule appliquée est : surface IPv4 = (adresses IPv4 du pays ÷ adresses IPv4 mondiales) × surface terrestre mondiale. La surface terrestre mondiale est extraite du jeu de données Natural Earth à l’échelle 1:110 M, garantissant une géométrie cohérente mais différente des chiffres officiels. Les adresses IPv4 proviennent de la base de géolocalisation d’IP Trust, version d’octobre 2026.
Seuls les pays disposant d’au moins 100 000 adresses et d’une superficie réelle d’au moins 20 000 km² sont inclus. Cette double contrainte élimine les micro‑États qui, bien que fortement dotés en adresses, n’ont pas de contour cartographique à la résolution utilisée. Environ 70 territoires sont ainsi exclus, représentant près de 52 millions d’adresses, dont la majorité provient de Hong Kong, Singapour et Maurice.
Analyse des résultats
Le redimensionnement montre des gains et des pertes marqués. Les États‑Unis, la Chine et l’Inde conservent des surfaces proches de leurs dimensions réelles, reflétant une allocation d’adresses proportionnelle à leur taille géographique et à leur population. En revanche, des pays comme le Luxembourg ou les Pays‑Bas, qui possèdent un nombre d’adresses élevé par habitant, voient leur surface multipliée plusieurs fois, illustrant une concentration de blocs d’adresses dans des économies numériquement avancées.
À l’inverse, des nations vastes mais peu peuplées, telles que le Canada ou l’Australie, voient leurs surfaces réduites de façon drastique, soulignant que la densité d’adresses IPv4 ne suit pas la densité de territoire mais la densité d’infrastructures réseau et de services en ligne.
Limites et perspectives
La cartographie repose sur une géométrie simplifiée : le modèle Natural Earth ne rend pas compte des variations topographiques ou des îles mineures, ce qui peut fausser les surfaces recalculées pour les archipélagos. De plus, la base d’IP Trust, bien que récente, ne garantit pas une couverture exhaustive ; les 52 millions d’adresses exclues montrent que la précision dépend de la granularité du jeu de données de géolocalisation.
Enfin, le critère de 100 000 adresses élimine des économies numériques importantes qui, malgré une petite superficie, détiennent des blocs d’adresses significatifs. Une approche alternative pourrait intégrer la densité d’adresses par km² plutôt que des seuils absolus, afin de rendre compte des disparités plus finement.