Contexte de l'attaque
Au début du mois de juin 2026, le groupe de cybercriminels identifié comme JADEPUFFER (nom interne de Microsoft : Storm‑3168) a mené une campagne de destruction dans plusieurs locataires Azure. L’opération a duré approximativement 18 heures, dont une phase de reconnaissance de 16 heures suivie d’une séquence destructive de sept minutes.
Compromission des service principals
Microsoft a détecté deux service principals liés au même tenant. Le premier a servi à l’énumération des machines virtuelles, des groupes de ressources et des abonnements, réalisant plus de 300 opérations de lecture. Le second, activé 90 minutes plus tard, a reproduit une courte phase d’énumération (cinq secondes) avant de lancer les actions destructrices. L’accès a été obtenu grâce à la fuite en clair du client ID, client secret et tenant ID dans un ticket public GitHub d’un employé ; bien que le secret ait été retiré, l’historique d’édition a conservé la valeur, permettant à l’acteur de s’authentifier avec des privilèges administratifs.
Opérations destructives et limites techniques
Le deuxième principal a exécuté plus de 150 actions de suppression ou de collecte d’identifiants en 35 minutes, incluant plus de 100 tentatives de suppression de comptes de stockage Azure. La plupart de ces comptes ont été effectivement détruits, mais les verrous de ressources Azure et la protection de suppression au niveau du compte ont bloqué quelques tentatives, démontrant l’efficacité de ces mécanismes même face à une identité compromise. Les tentatives de suppression des bases de données Azure SQL ont échoué, car l’attaquant a employé une version d’API non prise en charge pour le type de ressource, ce qui a interrompu le processus de destruction.
Orchestration par intelligence artificielle
JADEPUFFER était déjà connu pour avoir exploité une faille de Langflow (CVE‑2025‑3248) afin d’introduire un ransomware piloté par un grand modèle de langage. Le même groupe a réutilisé un ransomware Go nommé ENCFORGE, spécialisé dans la recherche de fichiers liés à l’IA (environ 180 extensions, incluant checkpoints de modèles, bases de données vectorielles et fichiers macOS). Cette capacité d’« agent autonome » à raisonner sur ses cibles, à réutiliser des identifiants et à coordonner les étapes d’intrusion montre une évolution vers des attaques entièrement orchestrées par IA, où chaque technique individuelle n’est pas novatrice, mais l’enchaînement automatisé l’est. Microsoft souligne que, malgré l’absence de rançon ou d’exfiltration de données dans cette campagne Azure, l’objectif était clairement d’entraver la récupération du client en détruisant les ressources de sauvegarde et de récupération.