Contexte du lancement
Le 23 octobre 2026, le Japan Aerospace Exploration Agency (JAXA) a mis le cap sur Mars avec le vol de la mission Martian Moons eXploration (MMX). Le coût annoncé de 578 millions de dollars place ce projet parmi les plus onéreux de l’histoire spatiale japonaise. La durée totale, cinq ans, comprend un trajet de dix mois jusqu’à l’orbite martienne, suivi d’une phase d’atterrissage, de prélèvement et de retour vers la Terre.
Le lancement s’est déroulé depuis le centre spatial de Tanegashima à 15 h 41 EDT (04 h 41 JST). Le compte‑rendu de Hiroshi Yamakawa, président de JAXA, a qualifié l’opération de succès, soulignant le début d’une campagne qui doit durer plusieurs années.
Architecture du lanceur et du vaisseau
Le MMX a été propulsé par la fusée H3, un lanceur de 63 m de hauteur équipé de quatre propulseurs à propergol solide en coiffe, d’un moteur principal à pleine puissance et d’un carénage allongé. Cette configuration, première du type, a permis d’accueillir le vaisseau le plus lourd jamais destiné à une mission interplanétaire japonaise, avec une masse au décollage de 4,5 t, dont deux tiers sont du carburant.
Après 71 minutes de vol, le vaisseau s’est séparé du deuxième étage. L’étage supérieur a accéléré le chargeur à plus de 38 000 km/h (24 000 mph), vitesse suffisante pour vaincre la gravité terrestre et initier la trajectoire trans‑martienne. Immédiatement après la séparation, le MMX a déployé ses panneaux solaires et a établi le premier contact avec les équipes au sol, confirmant un état « très stable ».
Objectifs scientifiques et enjeux
Le but principal du MMX est d’obtenir le premier retour d’échantillons provenant d’une lune de Mars. Les scientifiques visent à vérifier la théorie selon laquelle Phobos serait un astéroïde capturé il y a plusieurs milliards d’années. La composition isotopique et minéralogique des roches prélevées pourra être comparée aux données des missions Hayabusa et Hayabusa 2, qui ont déjà rapporté des fragments d’astéroïdes.
Le défi technique réside dans la récupération d’un échantillon dans un environnement à faible gravité, suivi d’un lancement depuis la surface de Phobos vers la Terre. Le vaisseau doit conserver la température et la contamination des matériaux pendant le retour, ce qui impose des exigences strictes sur les systèmes d’isolation et de navigation. La réussite du MMX pourrait ainsi enrichir les modèles de formation du système solaire et fournir des références pour de futures missions de prélèvement sur des corps célestes lointains.