Contexte de la diffusion des jeux sur le site officiel
En 2026, l’administration américaine a publié plusieurs mini‑jeux d’arcade sur son site web, une démarche inhabituelle pour un organisme gouvernemental. Parmi ces titres, Build the Wall a rapidement attiré l’attention en raison de son thème politique et de son gameplay très proche de Tetris. Le jeu proposait aux joueurs d’empiler des blocs de formes variées afin de « construire un mur » contre une « siege zombie de la frontière », un concept jugé par de nombreux observateurs comme raciste.
Le site affichait l’URL du jeu jusqu’à ce qu’une requête HTTP renvoie un code 404, indiquant la suppression du contenu. Kotaku a été le premier média à signaler l’indisponibilité du jeu, confirmant ainsi son retrait effectif.
Analyse technique du gameplay et des similitudes avec Tetris
Le moteur du jeu reposait probablement sur des technologies web standards (HTML5, Canvas, JavaScript) similaires à celles utilisées par de nombreuses implémentations libres de Tetris. Les blocs, appelés « tetriminos », tombaient verticalement, pouvaient être tournés à 90°, et s’alignaient pour former des lignes complètes – un mécanisme identique à celui du jeu original publié en 1984. Cette reproduction exacte du logiciel de placement de pièces constitue une copie fonctionnelle du cœur du gameplay, même si le code source n’est pas fourni.
Sur le plan visuel, les couleurs et la forme des pièces correspondaient aux palettes classiques de Tetris, renforçant la perception de violation de la propriété intellectuelle. Bien que les règles de jeu ne soient pas protégées par le droit d’auteur, la combinaison de look‑and‑feel et de l’interface utilisateur peut être considérée comme une œuvre dérivée, surtout lorsqu’elle est exploitée à des fins commerciales ou de propagande.
Réaction de la Tetris Company et implications juridiques
La Tetris Company, détentrice des droits du titre original, a publié un message Instagram précisant qu’elle n’avait participé à aucune étape de la création du jeu et qu’elle prenait « very seriously » les infractions de copyright. Cette déclaration publique a servi de catalyseur pour le retrait du jeu, démontrant l’efficacité d’une mise en demeure même contre un organisme public.
En droit américain, la doctrine du « fair use » ne s’applique pas clairement lorsqu’un jeu reproduit le même schéma de pièces et la même dynamique de jeu, surtout lorsqu’il est utilisé à des fins de propagande politique. Le retrait du jeu évite ainsi un litige potentiel qui aurait pu aboutir à des dommages-intérêts ou à une injonction permanente.
Conséquences pour les plateformes gouvernementales
Le cas souligne la nécessité pour les sites officiels de vérifier les licences de tout contenu interactif avant publication. L’absence de contrôle expose le gouvernement à des risques de violation de droits d’auteur, à des critiques publiques et à des coûts de retrait d’urgence. De plus, la persistance d’un autre jeu, Rio Run, qui incite à « déporter des personnages immigrés », montre une incohérence dans la modération des contenus sensibles, renforçant le débat sur la responsabilité éthique des plateformes publiques.