Historique des licences
Sur 28 ans de publication, l’auteur a traversé trois phases distinctes de licences. La première, appliquée à Midgard, était la LGPLv2, choisie parce que le framework web nécessitait un copyleft faible à une époque où les licences libres étaient peu nombreuses. Le site d’exemple fourni avec Midgard était sous licence X11, illustrant une coexistence de licences permissives et copyleft. En 2011, avec l’émergence du développement JavaScript et de l’écosystème NPM, il a basculé vers la licence MIT, qui impose une clause de non‑responsabilité simple et aucune contrainte de redistribution.
Après la fermeture de Flowhub, une période d’inactivité a suivi, pendant laquelle peu de logiciels ont été publiés. Cette pause a précédé la décision de 2023 de remplacer la licence par défaut par l’EUPL‑1.2, une licence approuvée par l’OSI et émise par l’Union européenne.
Caractéristiques techniques de l’EUPL‑1.2
L’EUPL‑1.2 est classée comme une licence à copyleft fort. Elle impose une réciprocité de licence même lorsque le logiciel est offert en tant que service (SaaS), comblant ainsi la « loophole » que les licences permissives laissent souvent ouverte. La version 1.2 intègre des dispositions de compatibilité avec d’autres licences libres, mais elle exige que toute modification ou œuvre dérivée soit redistribuée sous les mêmes termes, ce qui contraint les intégrateurs à respecter le même cadre juridique.
Un autre point technique est la disponibilité officielle de traductions dans 23 langues, ce qui réduit les ambiguïtés juridiques lors d’une utilisation internationale. Cette pluralité de langues renforce la validité juridique du texte dans les juridictions non anglophones, un avantage rare parmi les licences libres.
Implications pour les projets publiés
Depuis le basculement, plusieurs projets sont distribués sous EUPL‑1.2, dont reticulum-js, implémentation JavaScript du protocole de maillage Reticulum, dacar, système d’autorisation décentralisé basé sur Reticulum, signalk-energy-predictor, outil de prévision énergétique pour bateaux, et offshore‑blogging‑system, qui combine publication de blogs et récupération de données météo via InReach. Le passage à une licence forte contraint les entreprises qui souhaitent intégrer ces bibliothèques à publier leurs propres modifications sous les mêmes conditions, limitant ainsi les dérivés propriétaires.
Le projet NoFlo illustre une approche hybride : le nouvel environnement de développement est sous EUPL‑1.2, tandis que le noyau NoFlo conserve la licence MIT, préservant la compatibilité avec les contributions tierces déjà existantes. Cette dualité montre comment un développeur peut appliquer le copyleft sélectivement, en fonction de la maturité du code et de la communauté autour du projet.