Contexte juridique et législatif

Le maire Zohran Mamdani a rappelé que, depuis 2021, la ville de New York impose aux établissements de divulguer toute collecte de données biométriques. Cette règle vise à rendre transparentes les pratiques de reconnaissance faciale, qui sont classées comme données sensibles au regard du droit local. Le conseiller municipal Shahana Hanif a présenté deux projets de loi visant à interdire la collecte de ces données dans les espaces publics, une mesure que Mamdani qualifie de « réponse importante » face aux dérives observées.

Technologie de surveillance employée par MSG

Les enquêtes de Wired ont montré que le propriétaire de Madison Square Garden, James Dolan, utilise un réseau de caméras couplé à des algorithmes de face‑scanning capables d’identifier les visiteurs en temps réel. Le système crée une base de données où chaque profil peut être enrichi d’attributs supplémentaires, comme la mention « LGBTQIA » attribuée à certains artistes, sans explication publique. Cette architecture repose typiquement sur un flux vidéo capturé, pré‑traité par un modèle de détection de visages, puis comparé à un index de visages pré‑enregistrés via des embeddings vectoriels. Le stockage de ces embeddings, souvent dans des bases NoSQL, permet une recherche rapide mais soulève des questions de conservation et de sécurisation des données.

Impacts sur la vie privée et risques associés

Le cas de 2021, où une femme a été exclue du Radio City après que le système l’a reconnue comme avocate poursuivant MSG, illustre le risque de fausses correspondances et de sanctions automatisées. Une identification erronée peut entraîner un bannissement ou un suivi non désiré, amplifiant les effets de biais algorithmiques liés à la qualité des jeux de données d’entraînement. De plus, la classification non consentie d’individus selon leur orientation sexuelle expose les sujets à des discriminations potentielles, surtout en l’absence de cadre de gouvernance clair. Le stockage d’une base de données contenant des attributs sensibles augmente la surface d’attaque : une compromission pourrait révéler l’identité et les caractéristiques privées de milliers de visiteurs.

Réactions des parties prenantes et perspectives

Face aux accusations, le porte‑parole de MSG, Mikyl Cordova, a déclaré que les informations de Wired étaient « inexactes et fausses », tout en annonçant des actions juridiques. Aucun élément probant n’a été fourni pour contester les faits rapportés. La position de la municipalité, soutenue par le projet de loi de Hanif, indique une volonté d’encadrer strictement l’usage de la reconnaissance faciale, notamment en imposant la transparence et le consentement explicite. Si la législation locale se concrétise, les opérateurs de lieux publics devront soit désactiver les modules de biométrie, soit mettre en place des mécanismes de consentement vérifiable, ce qui pourrait réduire la capacité des systèmes à fonctionner en temps réel.