Contexte économique et attractivité

Kyriakos Mitsotakis a présenté la Grèce comme une économie en reprise, avec un rendement des obligations à 10 ans d'environ 4,3 % contre 5 % pour les bons du Trésor américain. Cette évolution suit la réduction record de la dette publique et le statut de marché développé prévu pour 2027 selon MSCI. Le Premier ministre a souligné que le pays emprunte à un coût inférieur à celui des États‑Unis, un contraste net avec les rendements supérieurs à 40 % observés en 2012.

Infrastructure IA et projets de supercalculateur

Le gouvernement a investi une partie des €36 milliards alloués par le fonds de relance post‑COVID de l’UE dans la création d’une plateforme numérique et d’un supercalculateur installé à Lavrio, construit avec Hewlett Packard Enterprise. Le dispositif, qui devrait être opérationnel d’ici quelques mois, vise à soutenir la recherche scientifique et les charges de travail d’IA. Parallèlement, Microsoft développe un cluster de data‑centers près d’Athènes et AWS a signé un accord avec le principal fournisseur d’énergie grec pour ériger le plus grand centre de données du pays dans une ancienne zone minière à charbon.

Politiques publiques et régulation de l'IA

Face à l’essor des modèles génératifs, la Grèce prévoit d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès janvier. Un projet pilote d’éducation, mené avec OpenAI, teste l’automatisation des tâches administratives des enseignants et explore les tuteurs IA personnalisés, tout en insistant sur le maintien de l’apprentissage des compétences de base. Mitsotakis a également indiqué que le pays a révisé la fiscalité des stock‑options, assoupli la législation du travail et proposé des incitations fiscales de sept ans pour les expatriés qui reviennent.

Enjeux et limites identifiés

Le Premier ministre a admis ne pas disposer d’une feuille de route complète pour l’IA, évoquant le risque de « lutter contre des batailles d’hier » face à la rapidité d’évolution des technologies. Il a mis en garde contre le remplacement potentiel des emplois et la difficulté des sociétés à suivre le rythme du changement. Enfin, il a reconnu que la capacité du gouvernement à accélérer les procédures de visa et à garantir la rapidité de traitement des demandes reste à améliorer.