Contexte réglementaire

Le 15 septembre, le Sénat américain a rejeté le Clarity Act, un texte qui aurait interdit aux plateformes de verser des intérêts sur les soldes de stablecoins et aurait facilité l’entrée de nouveaux acteurs sur les marchés d’échange. Cette défaillance législative a créé un vide que la SEC a comblé en publiant, quelques semaines plus tard, une exemption d’innovation de cinq ans pour le trading d’actions américaines tokenisées. Par ailleurs, la commission a précisé que l’annonce d’un rachat de tokens ne constitue pas, à elle seule, un contrat d’investissement. Ces deux décisions ont été suivies d’une hausse de 11 % du Bitcoin et de 12 % de l’Ether sur le mois qui a suivi, indiquant une réaction positive du marché aux signaux de stabilité réglementaire.

Déploiements d’infrastructures stablecoin

Dans le même temps, Lloyds Banking Group et Visa ont lancé des projets pilotes visant à exploiter les stablecoins pour des règlements transfrontaliers 24 h/24, contournant les fenêtres de compensation traditionnelles limitées aux heures bancaires. Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large où les institutions financières testent des modèles de paiement basés sur des jetons numériques afin de réduire les délais de règlement et les coûts de conversion de devises.

Parallèlement, Open USD (OUSD) est devenu le stablecoin par défaut de Stripe sur la plateforme Tempo. Le réseau compte désormais 214 partenaires, contre plus de 140 en juin, et a mobilisé plus de 400 M$ de liquidités. Contrairement à la plupart des stablecoins, la majeure partie du rendement généré par OUSD est redistribuée aux applications partenaires qui détiennent le solde, et non à l’émetteur, ce qui modifie la dynamique de capture de valeur au sein de l’écosystème.

Innovations techniques et impacts

Le réseau Base a déployé la mise à jour Cobalt, introduisant les Validity Transactions. Ces transactions restent inactives jusqu’à ce qu’une condition de prix ou de bloc soit remplie, offrant ainsi une forme de logique conditionnelle native au protocole. L’ajout des Composite Policies au standard B20 permet de combiner des listes blanches KYC et des listes noires de sanctions avec des opérateurs logiques OR/AND, réduisant la duplication des listes d’autorisation. D’autres nouveautés comprennent les Schedule Multiplier Updates (ex. fractionnements d’actions) et la fonction seizeWithMemo, qui consigne sur‑chaîne le transfert de soldes gelés par un administrateur autorisé. Base prévoit également de réduire le temps de bloc de 2 s à 200 ms et d’intégrer les comptes intelligents au niveau du protocole, ce qui devrait améliorer la capacité de traitement des micro‑transactions, notamment celles nécessaires aux agents d’IA.

Les agents d’IA distribués, décrits dans la section « Agents and Programmable Cryptography », nécessitent des mécanismes de confidentialité tels que le Multi‑Party Computation (MPC), le Fully Homomorphic Encryption (FHE) et les Trusted Execution Environments (TEE). Ces techniques, historiquement confinées à la recherche, trouvent aujourd’hui des applications concrètes : coordination de calendriers sans divulguer les disponibilités complètes, comparaison de salaires sous un seuil de 10 000 $, et partage d’erreurs de code sans exposer le code propriétaire. Le règlement de ces calculs à grande échelle repose sur les réseaux de stablecoins à haute vitesse et les canaux d’état, qui offrent des rails de paiement adaptés aux volumes micro‑transactionnels.