Contexte de l’ordre exécutif

Le 29 septembre 2026, le président américain Donald Trump a signé un décret obligeant toutes les agences fédérales à remplacer les termes « AI » et « artificial intelligence » par « SI » et « super intelligence ». Cette décision, présentée comme une reconnaissance de la puissance croissante des systèmes d’IA, a immédiatement créé un effet de signalisation sur les noms de domaine associés à l’acronyme SI.

Explosion des enregistrements du .si

Selon Klara Herman, porte-parole de Registry SI, le registre officiel des domaines slovènes, les achats de .si ont bondi de 2 199 % en septembre. Le 30 septembre, jour suivant la signature du décret, 11 000 nouvelles adresses ont été enregistrées, et près de 13 000 nouvelles extensions .si ont été créées en l’espace de 24 heures. Hostinger, plateforme d’hébergement, confirme ces chiffres : 4 300 .si ont été réservés le 30 septembre et 5 400 le 1ᵉʳ octobre, soit plus de trois quarts des enregistrements depuis le 23 septembre concentrés sur les deux derniers jours.

Analyse économique et comparaison avec le .ai

Les données de Hostinger montrent que plus de la moitié des acheteurs proviennent des États‑Unis et de l’Inde, tandis que seulement 3 % des domaines .si sont explicitement liés à l’IA. Le prix moyen d’un .si est d’environ 12 $ par an, contre 90 $ pour un .ai, ce dernier nécessitant un engagement de deux ans. Cette différence de coût rend le .si « une option plus abordable », selon Klaudijus Januitis, responsable des domaines chez Hostinger, qui estime que le .si ne remplacera pas le .ai mais pourra servir de « second choix économique ». Le modèle économique du .ai, qui verse des redevances à Anguilla, a créé une « seconde économie » pour le territoire ; le .si, en revanche, génère des revenus directement pour le registre slovène, sans redistribution gouvernementale.

Perspectives, spéculation et limites

Le phénomène ressemble à la vague .ai de 2022, où les investisseurs ont acheté des noms de domaine en vue d’une revente à prix élevé. Kim Than, PDG de Genius PR, a déjà acquis le .si de son entreprise pour « sécuriser la marque avant une éventuelle flambée des prix ». Certains envisagent même de tokeniser ces domaines sur la blockchain, bien que la prise en charge du .si par les plateformes de tokenisation reste incertaine. Hostinger classe le .si comme son deuxième domaine le plus populaire après le .com, mais les plateformes majeures comme GoDaddy et Squarespace ne le proposent pas encore, ce qui pourrait freiner la diffusion à plus grande échelle. Enfin, l’impact réel de l’ordre exécutif reste difficile à isoler : Registry SI note que d’autres facteurs, tels que la couverture médiatique et la spéculation, contribuent probablement à la hausse.