Principe de détection
Le dispositif présenté repose sur la détection de la sérotonine, neurotransmetteur présent en concentration variable dans les larmes, considéré comme un biomarqueur du stress. La lentille intègre un capteur chimique capable de réagir spécifiquement à la sérotonine, générant un signal mesurable lorsqu’une augmentation de ce composé est détectée.
Architecture du dispositif
La lentille combine un micro‑canal hydraulique, qui capte le flux lacrymal, et un élément de détection placé au bord de la surface optique. Le capteur utilise une couche fonctionnalisée (par exemple un aptamère ou un fluorophore) qui se lie à la sérotonine et modifie ses propriétés optiques ou électrochimiques. Le signal produit est transmis à un circuit intégré miniaturisé intégré dans la monture, lequel communique sans fil avec un smartphone ou un lecteur dédié.
Analyse des performances et limites
Le prototype fonctionne en temps réel, permettant une lecture continue du niveau de sérotonine pendant plusieurs heures d’utilisation. Cependant, la concentration de sérotonine dans les larmes est de l’ordre de quelques nanomoles, ce qui impose une sensibilité élevée du capteur. La stabilité du signal dépend de la durée de vie du revêtement fonctionnel et de la constance du débit lacrymal, deux paramètres fortement influencés par les conditions environnementales (humidité, température) et la physiologie individuelle.
Perspectives d'application
En intégrant la mesure du stress directement dans un accessoire quotidien, la lentille ouvre la voie à une surveillance continue de l’état émotionnel, potentiellement exploitable dans les domaines de la santé mentale, du suivi de performances sportives ou de la prévention du burn‑out. La mise à l’échelle industrielle devra toutefois résoudre des enjeux de biocompatibilité, de fabrication à faible coût et de protection des données personnelles générées par le dispositif.