Présentation
Une nouvelle étude menée par l'Imperial College et l'Emlyon Business School a analysé les méthodes utilisées par les startups financées par des VC pour commettre des fraudes. Les chercheurs ont constaté que les startups bénéficiant d'un financement par des VC sont plus susceptibles de commettre des fraudes que celles qui ne bénéficient pas d'un tel financement.
Les cas de fraude impliquant des startups de technologie sont de plus en plus fréquents, avec des exemples tels que Frank's Charlie Javice, Kalder's Gökçe Güven, Terraform Labs' Do Kwon et GameOn's Alexander et Valerie Lau Beckman. Selon Tim Weiss, l'un des auteurs de l'étude, « la fraude est beaucoup plus courante et normalisée dans le monde des startups que nous ne sommes prêts à l'admettre et à l'accepter ».
Contexte technique
L'étude a porté sur 654 cas de fraude impliquant des startups américaines financées par des VC entre 2000 et 2023. Les résultats ont montré que les startups lancées pendant des périodes de marché surchauffé avec une surveillance et une diligence raisonnable des investisseurs sont 19 % plus susceptibles de commettre des fraudes par la suite.
Les chercheurs ont identifié trois stades de « façading » (ou « façadisme ») : surface, renforcé et profond. Le façading de surface consiste à mentir sur le succès de l'entreprise, tandis que le façading renforcé implique la création de preuves factices pour étayer les mensonges. Le façading profond consiste à étendre les mensonges à des domaines tels que la capacité technique de l'entreprise, avec des démos factices.
Implications et limites
Les investisseurs ne sont pas toujours des victimes innocentes, car certains d'entre eux « co-créeent » la fraude en continuant à financer des startups dont les fondateurs ont déjà été accusés de fraude. L'étude a également constaté que les startups dont les conseils d'administration sont contrôlés par les fondateurs sont deux fois plus susceptibles de commettre des fraudes que celles dont les conseils d'administration sont contrôlés par les investisseurs ou partagés.
Les chercheurs proposent que la SEC (Securities and Exchange Commission) enquête régulièrement et effectue des audits formels sur les startups après qu'elles aient atteint un certain seuil d'investissement. De plus, les investisseurs devraient être tenus responsables des défaillances de gouvernance d'entreprise et des violations de leurs devoirs fiduciaires.