Introduction
Les sondes spatiales Voyager de la NASA, lancées dans les années 70, sont toujours opérationnelles, mais leur maintenance pose des défis techniques uniques. Les logiciels qui les font fonctionner sont écrits dans des langages de programmation anciens, et les ingénieurs qui les comprennent sont de plus en plus rares.
Contexte Technique
Les ordinateurs de bord des Voyager utilisent un langage assembleur spécifique, conçu pour les processeurs General Electric des années 70. Les systèmes informatiques des sondes sont composés de trois sous-systèmes : le Computer Command Subsystem, le Attitude and Articulation Control Subsystem et le Flight Data Subsystem. La mémoire totale des systèmes informatiques est d'environ 64 à 70 kilo-octets, soit moins que la taille d'une petite image numérique actuelle.
Le logiciel de vol des Voyager a été mis à jour à la fin des années 80 pour rendre les sondes plus autonomes et mieux adaptées aux opérations à long terme. Cependant, la documentation originale a été en grande partie perdue ou fragmentée au fil des ans, ce qui rend la maintenance et la compréhension du code de plus en plus difficiles.
Analyse et Implications
Le problème principal n'est pas que le code est illisible, mais que la mémoire institutionnelle autour du code est fragmentaire. Les ingénieurs qui ont construit les Voyager sont soit retraités, soit décédés, et les conditions qui ont produit ces ingénieurs ne peuvent pas être reproduites. Les jeunes ingénieurs ont souvent les compétences nécessaires, mais pas l'inclination à travailler sur un projet avec un objectif défini et une documentation incomplète.
La NASA doit faire face à un problème de succession, car les ingénieurs qui maintiennent les Voyager sont de plus en plus rares. Le recours à des ingénieurs retraités pour les cas d'urgence est de plus en plus limité, et la liste de ces ingénieurs se raccourcit chaque année.
Perspective
Les sondes Voyager sont en déclin lent, avec une perte de puissance électrique de quatre watts par an. Les instruments sont éteints un à un pour maintenir les sondes en vie. La NASA prévoit que les données d'ingénierie pourraient continuer à être transmises pendant plusieurs années après l'arrêt des données scientifiques, et que les sondes pourraient rester dans la portée du réseau de Deep Space Network jusqu'en 2036.
Le problème de succession sera crucial dans la prochaine décennie, car il faudra trouver des ingénieurs pour maintenir les Voyager jusqu'à leur fin de vie prévue. Après cela, la question deviendra académique, car il n'y aura plus de Voyager à maintenir.