Contexte des allégations

Un site d’enquête en ligne a publié un rapport affirmant que 216 000 000 de téléviseurs LG collecteraient des données d’utilisation et enregistreraient l’audio à l’insu des utilisateurs. La publication a déclenché une vague de réactions sur les réseaux sociaux, où plusieurs utilisateurs ont exprimé leurs craintes quant à une éventuelle intrusion dans la vie privée. LG a immédiatement réagi en publiant un communiqué officiel qui nie catégoriquement toute forme de « spying » ou de suivi non consenti.

Architecture logicielle des téléviseurs LG

Les modèles récents de LG fonctionnent sous webOS, un système d’exploitation basé sur Linux qui intègre des services cloud pour les mises à jour OTA (over‑the‑air), la recommandation de contenus et la télécommande vocale. Le firmware comprend un module de diagnostic à distance qui transmet des métriques d’état (température du processeur, utilisation du réseau, état du Wi‑Fi) vers les serveurs de LG via des requêtes HTTPS chiffrées. Ces échanges sont documentés dans la privacy policy de l’entreprise et sont activés uniquement lorsque l’utilisateur accepte les conditions d’utilisation.

Le microphone intégré, présent sur les modèles « Smart TV » équipés d’assistant vocal, est désactivé par défaut. Son activation nécessite une interaction explicite de l’utilisateur (pression d’un bouton ou activation du mode vocal). Le flux audio n’est jamais stocké localement ; il est transmis en temps réel aux services de reconnaissance vocale, puis immédiatement supprimé après traitement. Aucun mécanisme de capture continue n’est présent dans le code source public de webOS, comme le montre l’analyse des binaires disponibles sur le dépôt GitHub de la communauté.

Analyse des risques et réponse de LG

Le principal risque évoqué par les critiques réside dans la possibilité d’une mauvaise configuration du service de diagnostic, qui pourrait exposer des métadonnées de connexion (adresse IP, identifiant de l’appareil) à des tiers si les certificats TLS étaient compromis. LG a toutefois indiqué que toutes les communications utilisent TLS 1.2 ou supérieur et que les certificats sont régulièrement renouvelés. En outre, l’entreprise propose un mode « offline » qui désactive toutes les fonctions cloud, limitant ainsi la surface d’attaque.

Sur le plan juridique, aucune preuve tangible (extraits de logs, captures réseau) n’a été fournie par l’enquêteur. LG a demandé aux médias de se référer aux rapports d’audit indépendants réalisés par des laboratoires de sécurité, qui n’ont détecté aucune fonctionnalité de collecte audio non sollicitée. En l’absence de données techniques vérifiables, l’allégation demeure non corroborée.

Implications pour les utilisateurs

Les utilisateurs soucieux de leur vie privée peuvent désactiver les services cloud dans le menu des paramètres, désactiver le microphone et refuser les mises à jour automatiques. Cette démarche réduit les fonctionnalités de recommandation et de contrôle vocal, mais élimine les points de contact réseau potentiels. En pratique, la plupart des téléviseurs LG offrent un contrôle granulaire des autorisations, ce qui permet de concilier confort d’usage et protection des données personnelles.