Contexte et revendications

GamersNexus a analysé plusieurs modèles de téléviseurs LG connectés et a présenté des captures d’écran montrant des journaux internes au format JSON. Parmi les entrées, on trouve des phrases telles que

{"query":"My credit card information","result":"Here are the search results for My credit card information"}
. Le reportage avance que le téléviseur utilise la fonction de recherche vocale, enregistre les requêtes, puis les consigne dans un fichier journal. En parallèle, les intervenants évoquent la capacité supposée du dispositif à activer le microphone et la caméra même lorsque l’appareil semble éteint, ainsi qu’une exploration continue du réseau local à la recherche de périphériques IoT.

Mécanismes de collecte et de journalisation

Le journal présenté indique une séquence d’opérations : déclenchement de la recherche vocale, transmission de la requête à l’OS, réception du résultat et écriture de l’ensemble dans le log. Cette chaîne montre que le texte prononcé est stocké en clair avant d’être envoyé via HTTPS vers les serveurs de LG. Les captures Wireshark affichent uniquement les requêtes DNS et les appels HTTPS vers les points de terminaison « LG Telemetry » et « LG Channels Telemetry ». Aucun décodage du trafic n’a été réalisé, ce qui empêche de confirmer le contenu exact des paquets. Les experts cités (MrBruh, U‑Turn, Wendell) soulignent que, sans interception man‑in‑the‑middle, les payloads restent inaccessibles.

En outre, le téléviseur effectue des requêtes mDNS et SSDP pour découvrir des appareils compatibles UPnP ou Bonjour (ex. : Kasa, LIFX). Les logs listent les noms d’hôtes résolus par reverse DNS, ce qui indique que le TV compile un inventaire du réseau local. Si ces informations sont agrégées avec un identifiant unique et transmises aux serveurs de LG, elles constituent une forme de télémétrie potentiellement exploitable.

Analyse des risques et limites techniques

Le principal risque réside dans la conservation locale des requêtes vocales contenant des données sensibles (numéros de carte, numéro de sécurité sociale). Un accès physique ou à distance au système de fichiers du téléviseur pourrait permettre l’extraction de ces logs. La capacité à activer le microphone en l’absence de connexion réseau suggère un déclencheur interne, mais aucune preuve de transmission a été fournie.

La découverte du réseau local n’est pas, en soi, inhabituelle pour un appareil multimédia ; cependant, la combinaison de ces scans avec une éventuelle remontée vers le cloud crée un vecteur de profilage. Le protocole HTTPS protège la confidentialité du trafic, mais l’absence de visibilité sur les payloads rend impossible d’évaluer la portée exacte de la collecte. De plus, la simple présence d’appels à des services tiers comme Amagi (exemple d’URL : playouts.now.amagi.tv) révèle le canal FAST regardé, ce qui, combiné à des horodatages, pourrait être corrélé à des habitudes de visionnage.

Perspectives de mitigation

Pour réduire l’exposition, il est recommandé de désactiver la recherche vocale et les services de télémétrie dans les paramètres du téléviseur, ainsi que de bloquer les ports mDNS/SSDP au niveau du routeur. L’utilisation d’un certificat de confiance pour intercepter le trafic HTTPS (MITM) permettrait d’auditer les données réellement transmises, mais nécessite un contrôle total du dispositif. En l’absence de transparence de la part de LG sur le format et la destination des logs, les utilisateurs restent dépendants d’une analyse tierce pour valider les pratiques de collecte.