Contexte de l’incident

Le 7 septembre 2026, la fédération qui gère le sidechain Liquid a constaté le déplacement de environ 4 000 BTC, soit près de 320 millions de dollars, depuis le portefeuille fédéral. L’opération a été annoncée par le compte officiel @Liquid_BTC et confirmée par l’équipe de Blockstream, qui a indiqué que les hackers, présentés comme « white‑hat », ont agi directement sur la chaîne en utilisant un mécanisme de peg‑out.

Mécanisme du retrait via SideSwap PAK

Le retrait s’est effectué à l’aide du SideSwap PAK (Peg‑out Authorization Key). Ce composant autorise la conversion de jetons LBTC en BTC sur la chaîne principale. Selon le communiqué, le PAK utilisé n’a pas été compromis ; il a simplement été invoqué légitimement pour autoriser le peg‑out. Aucun autre key de la fédération n’a été affecté, ce qui indique que l’attaque a ciblé le processus d’autorisation plutôt que la confidentialité des clés privées.

Techniquement, le SideSwap PAK agit comme un contrat multi‑signature où chaque membre de la fédération signe la transaction de sortie. La présence d’une signature valide suffit à déclencher le peg‑out, même si les autres clés restent intactes. Cette conception, optimisée pour la rapidité des transferts, crée un point d’exposition : la capacité de déclencher un peg‑out dès qu’une clé autorisée est disponible.

Impacts sur le réseau Liquid et mesures d’atténuation

Suite à l’incident, les nœuds de pont (bridge nodes) ont été désactivés temporairement, bloquant toute nouvelle transaction vers ou depuis la sidechain. Les dépôts et retraits de LBTC sur les plateformes d’échange ont été mis en pause, limitant l’exposition supplémentaire des utilisateurs. En revanche, les actifs alternatifs hébergés sur Liquid – USDT, DePix et les actifs réels (RWAs) – sont restés opérationnels, car ils ne dépendent pas du même mécanisme de peg‑out que le LBTC.

Les membres de la fédération ont lancé une procédure de récupération qui implique la diffusion d’un message signé sur‑chain afin de rétablir la confiance et de réactiver les ponts. Les échanges ont été notifiés et surveillent l’adresse bc1qdl… via mempool.space pour détecter d’éventuelles nouvelles sorties.

Perspectives de sécurisation future

Le scénario met en évidence la tension entre rapidité d’exécution des peg‑outs et résilience aux abus. Une solution envisagée consiste à introduire une période de challenge ou un seuil de confirmation supplémentaire avant l’activation d’un PAK, afin de permettre aux membres de la fédération de révoquer une transaction suspecte. De plus, la séparation des clés d’autorisation de peg‑out et des clés de gouvernance pourrait réduire la surface d’attaque.

En l’état, le réseau reste en pause jusqu’à ce que la fédération valide la légitimité du retrait et rétablisse les ponts. La situation illustre la nécessité d’un audit continu des flux de sortie et d’une gouvernance transparente pour prévenir la récurrence d’incidents similaires.