Présentation

L startup MIT LNK Energies propose de remplacer le moteur diesel des camions de catégorie 8 par un système à hydrogène basé sur des liquides organiques porteurs d’hydrogène (LOHC). Selon le directeur technique Alexis Huynh, le coût total de possession d’un tel camion serait 13 % inférieur à celui d’un camion diesel classique. L’entreprise prévoit de commercialiser les premiers prototypes dans 18 mois, après avoir démontré un réacteur capable d’alimenter le moteur d’une tondeuse à gazon.

Fonctionnement du système LOHC

Les LOHC sont des liquides capables d’absorber l’hydrogène sous forme chimique et de le libérer à la demande. LNK a miniaturisé le réacteur de désorption – auparavant de la taille d’un conteneur maritime – à la taille d’un mini‑frigo, ce qui le rend compatible avec l’espace disponible sur un camion. Le réacteur utilise la chaleur résiduelle du moteur à combustion interne pour déclencher la libération d’hydrogène, éliminant ainsi le besoin d’une compression à plus de 11 000 psi (800 bar) requise par les réservoirs d’hydrogène classiques. Cette suppression du processus de compression réduit la consommation d’énergie du système de plusieurs kilowatts et diminue les pertes thermiques associées.

Une fois libéré, l’hydrogène peut être brûlé dans le moteur diesel existant après quelques modifications mineures, ou être dirigé vers une pile à combustible pour produire de l’électricité et entraîner des moteurs électriques. Le LOHC est stocké dans un réservoir standard similaire à un réservoir diesel et peut être ravitaillé avec les pompes déjà présentes dans les stations-service, ce qui supprime la nécessité de créer une infrastructure d’hydrogène dédiée.

Analyse des performances et des limites

Le principal avantage mesurable réside dans l’élimination du coût énergétique de la compression. En comparaison, la compression à 800 bar consomme typiquement 5‑10 % de l’énergie totale du véhicule. En outre, le prix projeté de 6,50 $ / gallon pour le carburant hydrogène, basé sur la production de 50 à 100 camions, est inférieur au prix moyen du diesel observé lors des dernières hausses de cours. Cependant, le coût d’acquisition initial du réacteur et du système LOHC reste non divulgué, ce qui pourrait freiner l’adoption avant d’atteindre le seuil de rentabilité.

Le dimensionnement du réacteur à l’échelle d’un mini‑frigo impose des contraintes thermiques : la désorption doit se faire rapidement pour répondre aux besoins de puissance du moteur, mais la chaleur disponible dépend de la charge du moteur. Dans des conditions de faible charge, la réaction pourrait être insuffisante, nécessitant un chauffage auxiliaire qui augmenterait la consommation globale. De plus, la manipulation du LOHC implique des exigences de sécurité similaires à celles des carburants liquides, mais la toxicité et la stabilité du composé ne sont pas détaillées dans les informations publiques, ce qui représente un risque de conformité réglementaire.

Enfin, la chaîne d’approvisionnement en hydrogène reste un facteur externe. Bien que LNK affirme que le carburant peut être distribué via les stations diesel existantes, la disponibilité du LOHC chargé d’hydrogène dépendra de la capacité des raffineries à produire et à transporter le composé à grande échelle. Sans une logistique fiable, les économies de coûts prévues pourraient être compromises.