Principe de fonctionnement

Longshot Space Technology mise sur un canon à injection multiple. Le tube, horizontal, comporte plusieurs réservoirs de gaz à haute pression. Lorsqu’un projectile progresse, chaque réservoir s’ouvre à un instant précis, ajoutant une poussée supplémentaire. Cette séquence permet d’atteindre des vitesses proches de Mach 4 avec le dispositif actuel de 70 pieds (21 m) de longueur et de six pouces (15 cm) de diamètre. Le projectile, de forme « lifting body », génère de la portance dès la sortie du tube, ce qui évite d’obliger le canon à être incliné.

Défis d’ingénierie et performances

Le passage de Mach 4 à Mach 8, prévu pour le futur canon de 328 pieds (100 m) et de 30 pouces (76 cm) de diamètre, impose des contraintes mécaniques extrêmes. L’accélération subit par la charge dépasse plusieurs dizaines de milliers de g, ce qui impose des matériaux à haute résistance et des systèmes d’amortissement internes. Longshot prévoit d’étendre la longueur à 3 000 pieds (≈ 900 m) pour atteindre 5 km/s (≈ 11 000 mph), vitesse orbitale minimale, mais cela nécessite un tube de 10 km (≈ 6 mi) pour limiter l’accélération à des niveaux survivables pour les satellites. La recherche d’un site adéquat constitue un obstacle logistique : le dispositif ne peut être installé qu’à proximité d’infrastructures militaires ou de zones isolées, comme le futur projet envisagé à Fort Bliss.

Parallèlement, l’entreprise a déjà signé plusieurs contrats avec l’armée américaine pour fournir des tests hypersoniques. Ces missions génèrent des revenus immédiats et permettent de valider le concept à grande vitesse, tout en limitant les coûts de développement.

Analyse économique et perspectives

Longshot a levé environ 20 millions de dollars et cible un coût de lancement de 50 $/kg (≈ 22 $/lb). Ce tarif, bien inférieur aux 300 $/kg estimés nécessaires pour les data‑centres orbitaux, repose sur la réutilisabilité du canon et la faible consommation de carburant comparée aux moteurs de fusée. La capacité annoncée de 220 lb (≈ 100 kg) de charge utile à Mach 8 représente une première étape ; la mise à l’échelle vers des masses plus importantes dépendra de la construction du tube de plusieurs kilomètres.

Si le modèle économique se confirme, les opérateurs de satellites pourraient adopter ce mode de lancement pour des missions à faible masse, tandis que les applications militaires – notamment le tir de cibles hypersoniques à moindre coût – offrent un flux de revenus stable. Toutefois, la viabilité à long terme reste conditionnée par la résolution des défis d’accélération, la disponibilité de sites appropriés et la capacité à intégrer des systèmes de propulsion secondaire sur les charges pour finaliser l’orbite.