Contexte historique
Les douze pages sélectionnées proviennent de revues de 1984, 1994 et 2004, période où les ordinateurs personnels comme l’Apple II, le Macintosh 128 K et le Commodore 64 dominaient le marché. Les articles citent des plateformes variées – CP/M, Windows 3.1, et même le système d’exploitation propriétaire de l’AIBO de Sony – et des prix explicites, comme les 2 500 $ du robot‑chien en 1999. Les références aux numéros de pages PDF (ex. Creative Computing, novembre 1984, p. 202) permettent de situer chaque promesse dans son contexte éditorial.
Promesses de domotique et d’intelligence artificielle
CyberLYNX, présenté en 1984, promettait lumières, musique et « dîner prêt » dès le retour à la maison, mais la configuration restait complexe et l’alimentation du repas dépendait toujours de l’utilisateur. Filevision, décrit dans Macworld (novembre 1984), devait associer bases de données et illustrations pour recommander le vin, mais la création d’une copie fonctionnelle sur un Mac 128 K nécessitait 17 échanges de disquettes, révélant les limites de la mémoire de 128 KB. Le jeu Positronic Bridge (Compute!, janvier 1994) affichait un adversaire qui apprenait, pourtant les tests de David E. Lindeman ont montré une stratégie de jeu rigide et aucune preuve d’apprentissage réel. Mind Prober, quant à lui, transformait des réponses de questionnaire en profils de personnalité sans validation d’exactitude, illustrant le manque de méthodologie scientifique à l’époque.
Intégration réseau et communication
CompuServe a organisé en 1984 une fête virtuelle couvrant neuf États, où la seule « vaisselle à laver » était un verre, et un participant a reçu de la bière directement dans sa chambre d’hôtel grâce à un modem. Les services de messagerie d’AOL et de The ImagiNation Network, décrits en 1994, facturaient les interactions sociales à l’heure, limitant la durée des amitiés virtuelles. Le modem Password de U.S. Robotics, associé au logiciel Telpac, était présenté comme un moyen de publier électroniquement comme Benjamin Franklin, mais la configuration était jugée difficile, comme le montre le rapport d’un groupe d’utilisateurs Atari en 1985.
Écarts entre prévisions et réalisations
Certains concepts ont trouvé un écho durable : le robot AIBO a réellement atteint le marché, bien que son prix élevé et ses capacités limitées n’aient pas satisfait toutes les exigences de « personnalité » et de portabilité. En revanche, le système Mitel Kontact, censé regrouper six fonctions de bureau et offrir un accès CP/M, n’a jamais livré la compatibilité annoncée, comme le souligne le manque de données sur les livraisons. Les synthétiseurs vocaux comme Type ’N Talk nécessitaient des tables phonétiques manuelles, révélant les contraintes de traitement du signal à l’époque. Globalement, les articles montrent que les visions futuristes étaient souvent freinées par les limites de mémoire, de bande passante et de coût, offrant une leçon sur la nécessité d’évaluer les contraintes matérielles avant de promettre des services intégrés.