Présentation de Muse

Meta Platforms a publié aujourd’hui aux États‑Unis l’application Muse, disponible sur iOS, Android et via le site Muse.ai. L’agent IA se joint à WhatsApp et, à terme, aux lunettes AI de Meta. La version gratuite autorise jusqu’à 100 millions de tokens par semaine, chaque token correspondant à quatre caractères, ce qui représente environ 400 Mio de caractères avant facturation.

L’objectif affiché est de simplifier l’accès à une IA capable d’automatiser des actions telles que l’envoi d’e‑mails, la réservation de billets ou la vente d’un véhicule, sans courbe d’apprentissage.

Architecture sécurisée

Muse s’exécute dans un environnement cloud appelé Secure VM. Cette machine virtuelle isole le code IA du réseau public, ce qui empêche tout accès direct aux données d’utilisateur depuis Internet. Une couche de surveillance nommée Sentinel intercepte chaque flux sortant du Secure VM. Si le flux ne correspond pas à une politique pré‑approuvée, Sentinel déclenche une notification demandant à l’utilisateur d’approuver ou de refuser l’action.

Le principe de confinement repose sur une séparation matérielle : le « harness » de Sentinel fonctionne dans une cellule isolée qui ne voit jamais les informations d’identification réelles. Cette conception vise à garantir que les seules communications autorisées sont celles explicitement validées par l’utilisateur.

Fonctionnalités de paiement et modèle économique

Pour les transactions financières, Muse intègre le service Link de Stripe. Chaque achat génère un numéro de carte à usage unique, stocké dans le Secure VM, ce qui évite que le numéro de carte principal de l’utilisateur soit exposé. Link ajoute une protection supplémentaire en assurant des remboursements sans frais, ce qui réduit le risque de perte financière en cas de mauvaise manipulation de l’IA.

Le service de base reste gratuit, mais les utilisateurs souhaitant automatiser un grand nombre de tâches devront souscrire à un abonnement payant, dont le tarif n’a pas été communiqué.

Limites et perspectives

Meta reconnaît que, malgré les contrôles internes, l’entreprise possède théoriquement la capacité d’accéder aux Secure VM. Un futur « Confidential VM » est prévu : il s’exécutera dans un Trusted Execution Environment (TEE) où les clés de chiffrement seront gérées localement par l’utilisateur, éliminant ainsi tout accès possible même par Meta.

Le projet interne « Hatch », qui a servi de banc d’essai, a déjà démontré la capacité de Muse à interagir avec des applications tierces et à naviguer sur le web en autonomie. Cependant, la dépendance à des services externes (Stripe, plateformes de messagerie) introduit des points de confiance supplémentaires qui restent hors du périmètre du Secure VM.