Contexte du marché
Le PDG de Micron, Sanjay Mehrotra, a indiqué aux investisseurs que la demande de mémoire de l’entreprise dépasserait son offre disponible jusqu’en 2028. Cette prévision porte sur les ventes B2B de high‑bandwidth memory (HBM) destinées à l’intelligence artificielle et sur la DRAM serveur, alors que Micron a cessé la commercialisation de RAM grand public depuis décembre 2025. Selon le dirigeant, 75 % de la production prévue pour 2027 est déjà engagée, et les discussions commerciales actuelles concernent déjà 2028.
Mécanismes de production et contraintes
Micron prévoit l’ouverture de nouveaux clean rooms en 2028, mais Mehrotra souligne que la montée en puissance est « gradual » : la mise en service d’un wafer nécessite plusieurs cycles de calibration, et chaque transition de nœud apporte moins de gain de productivité par wafer. Le passage de HBM 3E à une combinaison plus importante de 4 et 4E augmente la complexité du processus, tandis que le « trade‑off ratio » entre capacité de production et rendement réduit la vitesse d’expansion. Samsung, principal concurrent, estime que la part de HBM dans la capacité de wafer des fabricants passera de 20 % en 2023 à près de 30 % en 2027, ce qui limite la part disponible pour la DRAM traditionnelle.
Impacts sur les prix et les appareils grand public
Les prix des modules de mémoire destinés à 2027 sont déjà plus élevés que ceux de 2026, selon les propos de Mehrotra. Cette hausse se répercute sur les ordinateurs pré‑assemblés, les smartphones, les sticks de streaming et les consoles de jeu, où les OEM augmentent les tarifs ou réduisent les configurations de RAM standard. L’arrêt de la gamme Crucial pour les consommateurs a accentué la pression, les acheteurs devant se tourner vers des canaux alternatifs souvent plus coûteux.
Perspectives et limites
Mehrotra ne précise pas quand l’offre rattrapera la demande, invoquant la croissance continue des modèles d’IA, l’augmentation du contexte d’exécution et la multiplication des agents concurrentiels. L’incertitude sur les rendements futurs des nouvelles lignes de production rend difficile toute prévision précise. En l’absence de données publiques sur les capacités exactes des clean rooms à venir, l’analyse reste tributaire des déclarations des dirigeants et des estimations de tiers comme Reuters.