Présentation

Mistral lance la prévisualisation publique de ML4, surnommé « le Chonk ». Il s’agit d’un modèle multimodal de 1 trillion de paramètres au total, dont 49 milliards sont actifs. La version preview est accessible via l’API Mistral Studio dès aujourd’hui, tandis que les poids seront publiés d’ici la fin du mois.

Architecture et entraînement

ML4 a été entraîné de zéro sur 3 800 GPU NVIDIA Grace Blackwell dans les datacenters européens de Mistral. Cette infrastructure propriétaire garantit une latence maîtrisée et une conformité aux législations européennes. Le modèle est « nativement multimodal », ce qui signifie qu’il traite simultanément texte, image et code sans passer par des modules spécialisés. Le jeu de données d’entraînement comprend plus de 160 langues, couvrant l’ensemble des langues officielles de l’Union européenne, ce qui renforce sa capacité à comprendre et générer du contenu multilingue.

Performances sur les benchmarks

Sur les tests de programmation, ML4 obtient 61,7 % sur DeepSWE v1.1, 59,4 % sur SWE‑Atlas‑QnA et 28,3 % sur Terminal‑Bench 4.0. Son score combiné de 49,8 % sur le Coding Agent Index le place devant DeepSeek V4 Pro 0813 et Qwen 3.8 Max. En cybersécurité, l’Artificial Analysis Cyber Index le classe parmi les cinq meilleurs modèles mondiaux et le meilleur parmi les modèles à poids ouvert hors Chine, avec 82 % de réussite sur un test de reproduction et de correction de vulnérabilité, ainsi que 93 % de réussite sur le jeu Cybench (40 exercices). Les modèles fermés comme Claude Opus 5.5 ou GPT‑6 Astra obtiennent près de zéro sur ces mêmes tests, bloqués par leurs filtres de sécurité.

Implications pour la cybersécurité et la souveraineté

Le fait d’offrir un modèle à poids ouvert capable de contourner les refus de génération constitue un avantage opérationnel pour les équipes de défense. ML4 peut analyser des malwares, prioriser des vulnérabilités et générer des règles de détection sans être limité par des politiques de modération externes. De plus, la possibilité de déployer le modèle sur cloud privé ou on‑premise répond aux exigences de souveraineté et d’auditabilité, essentielles dans les secteurs critiques (finance, santé, énergie). Mistral affirme que le modèle sera disponible dans plusieurs régions, dont une instance européenne gérée de bout en bout, indépendante des fournisseurs de services numériques tiers.