Déploiement et caractéristiques techniques

Le campus a reçu plus de 500 caméras de surveillance de forme oculaire, dont 6 à 7 unités par étage du bâtiment 1. Les appareils sont équipés de microphones capables d’enregistrer les conversations à proximité des bureaux et des entrées de salles de bain. La densité d’installation crée un maillage visuel et acoustique couvrant la plupart des espaces publics et privés du site.

Intégration de l'IA et capacités de recherche

MIT collabore avec Ambient.ai pour ajouter des fonctions d’intelligence artificielle aux caméras. Le système permet d’interroger les enregistrements par texte, par exemple « montrer toutes les séquences du collègue chimiste aux cheveux bouclés entrant dans les toilettes ». Cette capacité repose sur la reconnaissance d’objets et de visages, ainsi que sur l’analyse audio, sans que les utilisateurs aient donné leur consentement préalable.

Implications pour la vie privée et la sécurité

Le suivi continu active le phénomène de panoptique : la simple possibilité d’être observé modifie les comportements. Les enregistrements audio et vidéo peuvent être exploités par des acteurs externes, notamment des gouvernements autoritaires, pour réprimer des mouvements. De plus, les algorithmes de reconnaissance faciale présentent des biais documentés selon le genre et la race, ce qui augmente le risque d’erreurs d’identification.

Limites et perspectives

Le projet ne précise pas le budget exact, mais il implique des dépenses de plusieurs millions de dollars. Aucun protocole de chiffrement des flux vidéo n’est mentionné, ce qui laisse la chaîne de transmission potentiellement vulnérable. L’absence de mécanismes d’audit ou de transparence empêche une évaluation indépendante de la conformité aux normes de protection des données. En l’état, la technologie offre une surveillance étendue mais soulève des questions de gouvernance et de contrôle d’accès qui restent à résoudre.