Contexte matériel
Le projet part d’un modem 4G « MF800 » vendu à moins de 20 $, incluant Wi‑Fi, Bluetooth, batterie intégrée et un port USB. L’appareil d’origine fonctionne sous Android, mais expose immédiatement un accès ADB, ce qui permet de passer en mode EDL (Emergency Download) et de reprogrammer les partitions. L’auteur a extrait le device‑tree Android afin d’identifier les broches disponibles, notamment celles destinées à l’affichage et à l’alimentation. Cette étape a fourni la base pour le remaniement matériel.
Architecture du circuit
Un circuit imprimé additionnel a été conçu pour gérer plusieurs fonctions : commutation USB host/device, conversion de niveaux logiques, alimentation 5 V et alimentation du module d’affichage. Les composants clés sont le TUSB320 (commutation USB), le SN74LVC8T245 (shifter de niveau 3,3 V ↔ 5 V), le MCP1640 (boost‑converter 5 V) et le TPS22917 (sélection VBUS/VBAT). Le PCB a été découpé pour s’insérer dans le boîtier du clavier Clicks, ce qui a nécessité de vérifier que les coupes ne traversaient aucune piste d’alimentation ou de données. Les tests avec un multimètre ont confirmé l’intégrité des lignes USB et des rails d’alimentation après la découpe.
Logiciel et reprogrammation
Le modem, une fois mis en mode EDL, a été flashé avec un noyau Linux fourni par le projet OpenStick. Le processus s’appuie sur la commande ADB pour redémarrer en EDL puis sur fastboot pour écrire l’image du kernel :
adb reboot edl
fastboot flash boot openstick_boot.imgLe device‑tree modifié désactive les pilotes inutiles (affichage GC9107, qui a été remplacé par un écran Sharp Memory) et active les GPIO nécessaires au clavier CH32V203. Le clavier se comporte comme un périphérique HID standard, le protocole MFi étant contourné par l’émulation d’un endpoint USB supplémentaire, autorisé par le système iOS lorsqu’il est connecté.
Analyse des limites et perspectives
Le principal goulot reste la prise en charge du modem 4G : aucune modification du routage RF n’a été nécessaire, mais la stabilité du lien dépend du firmware d’origine, qui n’est pas entièrement documenté. Le découpage du PCB a éliminé des pistes non critiques, mais a introduit un risque de rupture du via d’alimentation, ce qui a été partiellement mitigé par des soudures de renfort. Le projet ne propose pas encore de mise à jour OTA du firmware du clavier, ce qui limite la flexibilité future. Enfin, l’absence d’un boîtier certifié pour les ondes RF pourrait poser des problèmes de conformité dans certains pays.