Contexte et décision de la NASA
Face à la perspective d’une retraite du vaisseau Crew Dragon d’ici 2030, la NASA a confirmé qu’elle commandera deux missions supplémentaires avec le Starliner de Boeing. La décision inclut un financement partiel pour corriger les problèmes de propulsion du vaisseau et un soutien à la certification d’un lanceur de remplacement, afin de garantir la continuité du transport d’astronautes vers l’ISS après la mise hors service de l’Atlas V.
Problèmes techniques du Starliner
Le Starliner a connu des défaillances majeures lors de ses vols d’essai non habités en 2019 et 2022, culminant avec une perte de contrôle des propulseurs lors du vol d’essai habité de juin 2024. Cette anomalie a failli entraîner la perte de deux astronautes, classée « Type A » par la NASA, et a nécessité un retour d’urgence à bord du Crew Dragon. Le rapport d’enquête de 311 pages a identifié des déficiences de conception et de gestion, notamment dans le système de guidage et les valves de contrôle des thrusters. Boeing a déjà absorbé plus de 2 milliards de dollars de charges liées à ces incidents.
Transition vers un nouveau lanceur
L’Atlas V, qui utilise les moteurs russes RD‑180, ne disposera plus que six unités, dont une pour le vol d’essai non habité Starliner‑1. Les cinq restantes devront être allouées aux futures missions habitées, ce qui rend la recherche d’un nouveau lanceur impérative. Les deux candidats principaux sont le Vulcan d’United Launch Alliance, qui remplacera les moteurs RD‑180 par le moteur américain BE‑4, et le New Glenn de Blue Origin, encore en phase de qualification. La certification de l’un de ces lanceurs exigera des tests d’intégration spécifiques au Starliner, notamment la validation des charges d’accélération et des profils de vibration pendant le décollage.
Implications pour le programme Commercial Crew
Depuis 2010, la NASA a investi 5,1 milliards de dollars dans le programme Commercial Crew de Boeing contre 3,1 milliards pour SpaceX. Malgré les retards, le maintien du Starliner représente une diversification stratégique du transport spatial habitée, réduisant la dépendance à un seul fournisseur. La décision de financer partiellement les réparations des thrusters indique que la NASA considère les coûts de correction comme inférieurs aux risques d’une interruption totale du service. Cependant, la réussite du nouveau lanceur dépendra de la capacité de Boeing à intégrer les exigences de certification tout en maîtrisant les coûts, un défi accentué par les pertes financières déjà subies.