Contexte et projets majeurs

Le centre de recherche NASA Lewis utilise NetBSD comme plate-forme principale pour étudier le protocole TCP dans les réseaux satellitaires. Les travaux portent sur des mécanismes de retransmission basés sur les accusés de réception sélectifs, notamment le FACK TCP, ainsi que sur l’augmentation de la fenêtre initiale. Les expériences sont menées à la fois en orbite et en environnement terrestre afin de mesurer les gains de performance et la coexistence avec le trafic standard. Le groupe collabore avec les Working Groups IETF « TCP Over Satellite » et « TCP Implementations ».

Le projet KAME, dédié à l’intégration d’IPv6 et d’IPsec dans les noyaux BSD, a fusionné son pile réseau dans l’arbre NetBSD‑current en juin 1999, offrant ainsi un socle IPv6 mature aux chercheurs.

Architecture et extensions TCP

Les extensions testées par NASA Lewis modifient le code de la pile TCP de NetBSD, qui est réputé pour sa modularité. Le mécanisme FACK introduit un tableau de suivi des segments reçus, permettant de retransmettre uniquement les paquets perdus. L’augmentation de la fenêtre initiale modifie la variable tcp_initial_window du noyau, ce qui accélère la montée en débit lors de la connexion initiale, surtout sur les liaisons à haute latence comme les liaisons satellites.

À l’Université de l’Arizona, le groupe de Peter Danzig a porté TCP Vegas, une variante de contrôle de congestion basée sur la mesure du délai de propagation, sur NetBSD 1.0. Cette version exploite le même sous‑système de timers que le TCP classique, mais ajuste dynamiquement la fenêtre en fonction du RTT mesuré, offrant une meilleure utilisation de la bande passante dans les réseaux à perte.

Performances réseau et records

En 2004, le réseau SUNET a établi un record Internet2 Land Speed en transférant 840 Go en moins de 30 minutes entre Luleå (Suède) et San Jose (USA). Le test utilisait deux serveurs Dell 2650 équipés de processeurs 2 GHz, fonctionnant sous NetBSD 2.0 Beta, et un unique flux TCP IPv4. Le débit mesuré était de 69,073 Petabit‑mètres/seconde, attribué à la scalabilité du code TCP de NetBSD.

Le projet européen SCAMPI, dédié à la surveillance à grande échelle d’Internet, s’appuie sur NetBSD pour développer un adaptateur réseau capable de 10 Gbps, avec une perspective d’évolution vers 100 Gbps. Le matériel de référence, la carte Liberouter COMBO6, exécute un pilote NetBSD qui expose une interface programmable pour les outils de monitoring.

Systèmes internes et plateformes de recherche

Le système de mémoire virtuelle UVM, implémenté dans NetBSD, remplace le modèle Mach de 4.4BSD. UVM introduit des mécanismes de déplacement de données flexibles, améliorant les performances de fork et de page‑out, ce qui est essentiel pour les charges de travail intensives en création de processus.

Le laboratoire NEC Europe à Heidelberg utilise NetBSD pour faire tourner des routeurs IPv6 sur du matériel ancien, comme les stations Sparc, démontrant la portabilité du système sur des architectures variées. Le même laboratoire exploite NetBSD pour tester des prototypes de protocoles multimédia et de mobilité, profitant du code source ouvert et de la documentation du 4.4BSD.