Contexte historique et juridique
Le V20 de NEC, lancé en mars 1984, était un clone de l'Intel 8088 destiné à la seconde source. En 1982, NEC avait déjà obtenu une licence de production de l'8088, mais le V20 introduisit des améliorations matérielles notables. Intel intente une action en justice fin 1984, arguant d’une violation de brevet. Après deux ans de procédure, le 22 septembre 1986, le tribunal tranche en faveur de NEC, légitimant la commercialisation du V20. Cette décision a limité l’adoption massive du processeur, les constructeurs privilégiant encore le 8088 moins cher en volume.
Architecture et jeux d’instructions
Le V20 conserve la même enveloppe physique et le même brochage que l'8088, ce qui permet un remplacement direct sans modification du socket. Sur le plan interne, il possède plus du double du nombre de transistors, ce qui lui donne la capacité d’effectuer deux transferts de données simultanément. Cette parallélisation réduit le nombre de cycles nécessaires pour exécuter une instruction, d’où un gain de vitesse global. En plus du jeu d’instructions 8088, le V20 intègre l’ensemble 80186 et un mode d’émulation de l'Intel 8080, offrant une compatibilité ascendante et descendante rare à l’époque.
Impact sur les performances
Les mesures de vitesse varient selon les charges. Selon l’auteur, le V20 délivre un gain de 8 % à 30 % sur un 8088 à même fréquence, la plupart des applications affichant environ 20 % d’accélération. Le facteur le plus marquant provient de la multiplication et de la division, réalisées en matériel plutôt qu’en micro‑code, ce qui les rend trois fois plus rapides. Des benchmarks réalisés avec Checkit 3.0 sur un Tandy 1000EX montrent un facteur de 1,53× par rapport à la configuration d’origine, et 1,31× lorsqu’il est couplé à un 8088 à 7,16 MHz. Dans les configurations XT équipées d’une interface IDE, l’utilisation d’un BIOS optimisé pour le V20 augmente le débit de disque de 250 KB/s à environ 500 KB/s, soit une amélioration proche de 90 %.
Utilisation pratique et variantes
Le V20 se décline en versions 5 MHz, 8 MHz et 16 MHz. La version 8 MHz convient aux machines fonctionnant à 4,77 MHz ou 7,16 MHz, tandis que la version 16 MHz cible les XT turbo à 9,54 MHz. Le numéro de pièce D70108C identifie le composant, mais des variantes sous les marques Sharp (LH70108), Sony (CXQ70108) et Zilog (Z70108) sont fonctionnellement identiques. La révision V20HL, plus récente, fonctionne à température plus basse, rendant les dissipateurs de chaleur généralement superflus. Sur le marché de l’occasion, le V20 se vend entre 10 $ et 25 $, le prix le plus bas augmentant le risque de puces re‑marquées. L’avantage principal réside dans la possibilité de conserver la carte mère et le BIOS d’origine, tout en obtenant une amélioration perceptible sans les coûts d’un remplacement complet de la carte mère.