Contexte du partenariat
NetApp Inc. et Oracle Corp. ont annoncé un service de stockage entièrement géré qui exécute le logiciel de gestion de données ONTAP directement au sein d’Oracle Cloud Infrastructure (OCI). Selon Pravjit Tiwana, vice‑président senior de NetApp, le produit n’est pas simplement « bolted‑on », mais le résultat d’une co‑ingénierie où les deux entreprises ont aligné le plan de contrôle, le plan de données et la facturation native d’OCI. Cette approche vise à répondre aux difficultés rencontrées lors de la modernisation d’infrastructures où la couche de stockage devient un goulot d’étranglement.
Architecture native ONTAP sur OCI
L’intégration profonde se traduit par une visibilité du service dans la console OCI, une facturation identique aux services cloud standards et des API compatibles avec les outils d’automatisation d’OCI. Le plan de contrôle d’OCI orchestre le provisionnement des volumes ONTAP, tandis que le plan de données assure le transfert des blocs entre le stockage NetApp et les instances de calcul sans passer par un pont externe. Cette configuration élimine la nécessité d’un middleware dédié, réduisant ainsi la latence d’accès et le nombre de points de défaillance potentiels.
Implications pour la migration et l’intelligence artificielle
Pour les clients déjà équipés d’ONTAP on‑premise, la migration vers OCI se fait « as‑is » : les politiques de protection, les configurations de conformité et les métadonnées de traçabilité sont conservées, ce qui évite la refonte d’applications. Konstantinos Papamiltiadis souligne que l’expérience utilisateur reste uniforme, car toutes les actions sont réalisées via une interface unique. Par ailleurs, NetApp mise sur son expertise en protection des données pour préparer les jeux de données aux flux de travail d’IA. En gardant les données dans le même environnement que les modèles d’inférence, les entreprises limitent les coûts de transfert et respectent les exigences de souveraineté.
Limites et perspectives
Le service dépend de la disponibilité du réseau interne d’OCI et de la capacité de la plateforme à supporter les charges de travail ONTAP à grande échelle. Aucun indicateur de performance (IOPS, latence) n’est fourni dans l’annonce, ce qui empêche d’évaluer précisément les gains par rapport à une solution tierce. De plus, la co‑vente annoncée implique que les clients devront suivre les deux catalogues de services, ce qui peut complexifier la gestion des contrats. Malgré ces réserves, la mise à disposition d’ONTAP comme service natif constitue une étape notable vers la réduction des frictions entre environnements on‑premise et cloud public.