Contexte juridique
Le bureau du procureur général de l’État de New York a annoncé la saisie de douze sites hébergeant des vidéos deepfake à caractère pornographique mettant en scène des célébrités. Le communiqué indique que ces plateformes diffusaient plus de 3 000 vidéos, dont environ 2 000 deepfakes distincts, violant les lois anti‑harcèlement et les dispositions du New York Penal Law relatives à la diffusion non consentie d’images à caractère sexuel.
Méthodologie de saisie
Les autorités ont obtenu des ordonnances de saisie de domaine auprès d’un tribunal fédéral, ciblant les noms de domaine enregistrés via des registrars américains. La procédure a permis de rediriger le trafic DNS vers des serveurs de contrôle contrôlés par le bureau du procureur, interrompant l’accès public. Les données de serveur ont été préservées pour une enquête criminelle, incluant les journaux d’accès et les métadonnées des fichiers vidéo.
Architecture technique des sites
Les sites compromis utilisaient majoritairement des services d’hébergement cloud et des réseaux de distribution de contenu (CDN) pour masquer leur localisation. Plusieurs d’entre eux s’appuyaient sur Cloudflare pour la protection DDoS, ce qui a compliqué la traçabilité initiale. Les vidéos étaient stockées sous forme de fichiers MP4 compressés, souvent encodés à 720 p pour réduire la bande passante. Les scripts de génération de deepfake reposaient sur des modèles de génération d’images basés sur des réseaux antagonistes génératifs (GAN) accessibles via des API tierces, ce qui a permis aux opérateurs de créer rapidement de nouveaux contenus à partir de quelques images sources.
Impacts et limites
La saisie a immédiatement retiré plus d’un million de vues potentielles, limitant la monétisation estimée à plusieurs centaines de milliers de dollars. Toutefois, la nature décentralisée du web signifie que des répliques peuvent réapparaître sous de nouveaux noms de domaine ou via des services d’hébergement offshore. L’enquête souligne également l’absence de mécanismes de vérification d’authenticité au niveau des plateformes de partage vidéo, ce qui laisse les victimes exposées à d’autres vecteurs de diffusion. Les autorités recommandent le renforcement des filtres de détection de deepfake au niveau des fournisseurs d’accès et la mise en place de procédures de retrait plus rapides.