Contexte et objectifs
Newell Brands, groupe de biens de consommation, a intégré la fonction d’audit interne dans la gouvernance de ses projets d’intelligence artificielle. Selon Keri Tracy, vice‑présidente et directrice de l’audit interne, l’audit occupe désormais une place permanente lors des décisions majeures liées à l’IA, ce qui diffère de la pratique observée dans d’autres entreprises où l’audit intervient rarement.
Mécanismes de gouvernance et contrôle
L’équipe d’audit combine responsabilités de gouvernance et optimisation des processus. Elle veille à ce que chaque implémentation d’IA soit accompagnée d’un cadre de contrôle adapté, notamment pour les flux financiers où les exigences de conformité sont plus strictes. Tracy précise que les agents de suivi des commandes client peuvent être déployés plus rapidement que les agents de comptabilité d’actifs fixes, qui nécessitent une surveillance accrue des contrôles financiers.
Gestion du rythme d’implémentation
Newell Brands applique la règle « lean avant IA », c’est‑à‑dire qu’elle utilise les méthodologies Lean et Six Sigma pour rationaliser les processus existants avant d’y superposer des solutions d’IA. Cette approche permet d’identifier les goulots d’étranglement et de réduire la variabilité avant d’introduire l’automatisation. Le contrôle du rythme d’adoption repose ainsi sur une évaluation du risque inhérent à chaque processus, ce qui guide la priorisation des projets.
Enjeux humains et organisationnels
Le rôle de l’audit interne inclut également la liaison entre les équipes métier et les spécialistes techniques. Tracy souligne que les employés directement impliqués doivent pouvoir questionner les propositions d’IA, afin d’assurer une adéquation entre les besoins opérationnels et les solutions technologiques. Elle met en avant le fait que de nombreuses transformations échouent lorsqu’elles n’intègrent pas les utilisateurs finaux dès le départ, même si le plan technique est solide.