Présentation du jailbreak

Un chercheur en sécurité a publié une preuve de concept d’un jailbreak logiciel partiel pour la Nintendo Switch 2. L’exploitation donne un accès "userland" permettant d’exécuter du homebrew, de rétro‑ingénierie, de modifier les jeux, de sauvegarder les fichiers de sauvegarde et d’interagir avec la plupart des périphériques via MMIO. Le vecteur repose sur SmileBasic 4, l’interpréteur de la série SmileBasic déjà présent sur la console originale.

Mécanismes d’exploitation

Le processus est "tethered" : il nécessite un ordinateur macOS ou Linux sur le même réseau et un paquet node.js qui orchestre les commandes privilégiées. Le chercheur, Sammy Hajhamid, a utilisé OpenAI Codex pour analyser l’interpréteur de SmileBasic. Un harnais personnalisé a envoyé des commandes USB, affiché les réponses via HDMI et contrôlé l’alimentation grâce à un interrupteur Bluetooth. Après deux semaines de travail, il a identifié un dépassement d’entier 32 bits lors de la suppression d’éléments d’un tableau. Ce dépassement expose le pointeur du tableau, donnant un accès en lecture/écriture à des zones de mémoire système.

En s’appuyant sur ce point d’entrée, Hajhamid a ciblé le module de services du système de fichiers (FileSystem services). Un débordement de tampon dans ce module a révélé un pointeur de données en cache, autorisant des opérations de lecture/écriture arbitraires. En manipulant ce pointeur, il a pu lancer des actions privilégiées du système de fichiers et, finalement, exécuter du code natif en simulant un processus de système de fichiers. Le résultat est une exécution de code native contrôlée depuis le PC hôte.

Implications et limites

Le jailbreak ouvre la porte à des applications homebrew, à la sauvegarde de données hors console et à la modification de jeux, comme le démontrent les personnages moddés dans Mario Kart World. Il offre également un accès direct aux périphériques via MMIO, ce qui pourrait faciliter le développement d’outils de test matériel. Cependant, la méthode reste tethered : elle dépend d’un PC, d’un réseau local et d’une version précise de SmileBasic 4. Toute mise à jour du firmware ou du runtime SmileBasic susceptible de corriger le dépassement d’entier ou le débordement du module de fichiers neutraliserait l’exploit. De plus, l’accès reste limité au userland ; il ne compromet pas le noyau complet, ce qui réduit le risque d’une prise de contrôle totale du système.