Contexte et demande de documents
Le système Flock, basé sur des lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation (ALPR), est déployé dans plusieurs centaines d’agences policières texanes. En octobre 2026, la ville de North Richland Hills a reçu une requête de la Texas Privacy Coalition, déposée sous pseudonyme, visant à obtenir les communications internes relatives aux erreurs, aux abus et à l’efficacité du dispositif. La demande porte sur « environ un téraoctet de données », soit une quantité suffisante pour couvrir plusieurs années d’opérations de suivi de véhicules.
Coût et calcul du tarif
Les autorités municipales ont estimé le traitement de ce volume à 14 années de travail à un taux horaire de 15 $, ce qui conduit à un montant de 2,3 million de dollars. Ce chiffre repose sur un calcul linéaire : 14 ans × 2 000 h/an × 15 $/h ≈ 2,3 M$. D’autres villes texanes facturent de façon très variable : certaines offrent plus de 400 000 pages gratuitement, d’autres demandent 5 000 $, tandis que la chaîne de télévision KPRC a reçu une facture de 121 000 $ pour des dossiers similaires. Cette disparité montre l’absence de cadre standardisé pour la tarification des demandes de transparence liées aux systèmes de surveillance.
Transparence et portails publics
Flock propose aux services de police des « portails de transparence » qui publient des statistiques agrégées (nombre de caméras, véhicules scannés, recherches effectuées). Selon le Texas Tribune, sur les centaines d’agences utilisant Flock, seules 59 ont activé ces portails, et parmi elles, 16 partagent réellement des données avec le public. Cette adoption limitée empêche les citoyens de connaître la localisation des caméras, la fréquence d’accès aux enregistrements et la durée de conservation, ce qui affaiblit la capacité de contrôle démocratique.
Implications juridiques et limites
Le débat juridique s’intensifie : un ancien policier de Dallas a plaidé coupable à 100 chefs d’accusation de mauvaise utilisation d’informations officielles, dont l’accès à la base Flock. Un juge fédéral d’Oklahoma a récemment déclaré qu’une recherche dans la base Flock constituait une perquisition inconstitutionnelle, invoquant le caractère « indiscriminé et de type dragnet » du système. Bien que cette décision ne crée pas de précédent, elle souligne que plus de 100 000 recherches sans mandat sont effectuées chaque mois, selon un audit de 404 Media. Le risque de fuites ou d’accès par des acteurs malveillants augmente également, car les bases de données ALPR contiennent des traces de déplacements quotidiens pouvant être exploitées à des fins de profilage ou de harcèlement.