Contexte financier

Nvidia a clôturé le trimestre avec un chiffre d’affaires total de 96 milliards de dollars, soit plus de 100 % de hausse sur un an. Le segment data‑center représente 89 milliards, et la prévision pour le troisième trimestre s’élève à 108 milliards. Le directeur financier Colette Kress a indiqué que le revenu prévu pour l’exercice fiscal 2028 devrait croître d’environ 70 %, mais que ce chiffre est déjà limité par la capacité d’approvisionnement.

Contraintes d'approvisionnement et stratégies d'achat

Jensen Huang a qualifié la situation de « logistique », soulignant que la chaîne d’approvisionnement restera sous tension « au moins jusqu’à la fin de l’exercice 2028 ». Nvidia a sécurisé 4,25 GW de capacité énergétique chez SoftBank Energy à Portsmouth, dédié à OpenAI et prévu pour supporter plusieurs cycles de mise à niveau sur 20 ans. Cette approche montre que la planification doit s’étendre sur deux à trois ans, bien au‑delà du cycle annuel habituel des acheteurs IT. Les recommandations incluent des contrats à volume nommé, des engagements multiyears et des plans de secours (ex. choisir Blackwell plutôt que Vera Rubin).

Évolution du modèle de vente : du GPU au gigawatt

Le « unit of purchase » est désormais mesuré en gigawatt plutôt qu’en GPU. Nvidia estime un revenu de 18 milliards $ / GW avec la génération Hopper, 25 milliards $ / GW pour Grace Blackwell, et 40 milliards $ / GW avec Vera Rubin. À titre de comparaison, le calcul généraliste de l’ère Moore générait 3 à 5 milliards $ / GW. Le revenu réseau a progressé de 18 % séquentiel, le produit Spectrum‑X Ethernet a multiplié son chiffre par 2,6 d’une année sur l’autre, et le CPU Grace a dépassé 5 milliards $ sur les 12 mois glissants. Vera Rubin, déjà en production, est livré à Oracle Cloud Infrastructure et à AWS, et Nvidia prévoit que le revenu CPU doublera d’ici 2028.

Croissance du segment entreprise

Le segment « AI‑centric enterprise » (ACIE) a généré 40 milliards $, soit +25 % séquentiel et +138 % annuel, et devrait représenter la moitié du business data‑center. Ce segment regroupe des néoclouds, des souverains, des entreprises et des data‑centers isolés. Des déploiements concrets illustrent la traction : Hudson River Trading et Jane Street utilisent les solutions Nvidia pour le trading quantitatif, Samsung a déclaré un gain de 20 × en lithographie computationnelle avec cuLitho, et Bristol‑Myers Squibb, Roche et Lilly ont installé des usines AI Vera Rubin. Ces cas montrent que les clients ne commandent plus des puces isolées mais une plateforme complète, où performance, fongibilité et durabilité sont intégrées.