Contexte et lancement

Le 11 octobre 1999, Nvidia a présenté le GeForce 256, le premier produit que la société a officiellement désigné comme GPU (Graphics Processing Unit). Cette dénomination était nouvelle pour Nvidia, même si le principe d’externaliser certaines tâches graphiques du processeur central existait déjà depuis les années 1980, notamment avec le chipset d’Amiga en 1985 et les cartes 3dfx dès 1996. Le GeForce 256 a ainsi marqué le point d’inflexion où le terme « GPU » est entré dans le vocabulaire commercial de Nvidia.

Architecture et moteur T&L

Le facteur distinctif du GeForce 256 résidait dans son moteur transform‑and‑lighting (T&L). Cette unité matérielle permettait de réaliser les calculs de transformation des vertices et d’éclairage directement sur la carte graphique, libérant le CPU de ces opérations. Le texte indique que, pour les ordinateurs équipés de processeurs modestes – par exemple des Celeron à 300 MHz – le T&L matériel offrait un gain notable de performances. En revanche, sur des machines dotées de processeurs plus rapides, les algorithmes logiciels pouvaient surpasser la vitesse du T&L dédié du GeForce 256.

Impact sur les systèmes et concurrence

Le GeForce 256 a surtout profité aux configurations à faible puissance, où le coût d’un processeur plus rapide était prohibitif. En déchargeant le CPU, la carte permettait d’obtenir des rendus plus fluides sans devoir investir dans une architecture centrale plus puissante. Le texte mentionne également la concurrence de 3dfx et de la série TNT2 de Nvidia, qui ne proposaient pas de moteur T&L intégré. Bien que la différence de puissance entre le GeForce 256 et la TNT2 soit notable, le critère déterminant était la présence du T&L matériel, qui a conduit Nvidia à qualifier son produit de « GPU » alors que la TNT2 restait une simple carte graphique.

Conséquences pour Nvidia

Le succès du GeForce 256 s’inscrit dans une trajectoire où Nvidia a bénéficié d’un financement crucial de Sega en 1996, à hauteur de 5 millions de dollars, suivi d’un profit de 10 millions de dollars. Ce soutien a permis le lancement du Riva 128, qui a vendu plus d’un million d’unités, puis le TNT2, avant d’arriver au GeForce 256. La capacité de Nvidia à sortir rapidement de nouvelles générations de cartes a renforcé sa position face à 3dfx, dont les actifs ont été rachetés par Nvidia le 15 décembre 2000. La faillite de 3dfx le 15 octobre 2002 a laissé Nvidia comme leader incontesté du marché graphique, un statut amorcé par le GeForce 256.