Contexte et enjeux

Les agents d’intelligence artificielle opèrent désormais sur plusieurs systèmes d’entreprise au nom des utilisateurs. Cette évolution oblige les fournisseurs d’identité à dépasser le simple contrôle d’accès et à assurer une gouvernance en temps réel. Selon Harish Peri, vice‑président senior d’Okta, la capacité à retracer chaque action d’un agent constitue le chaîne de responsabilité indispensable en cas d’incident.

Architecture d’identité pour les agents IA

Okta propose un modèle où chaque agent possède une identité distincte, évitant ainsi l’usage de comptes de service partagés ou d’imitation d’utilisateurs humains. Peri indique que, dès que le nombre d’agents dépasse 10 à 15, les solutions ad‑hoc deviennent ingérables et nécessitent un remaniement. L’identité de l’agent inclut des attributs de scope (portée) et de delegation, permettant de définir les limites d’autorité selon le contexte d’appel.

Mécanismes de gouvernance et journalisation

La gouvernance repose sur trois piliers : délegation avec down‑scoping, autorisation centrale et journalisation unifiée. Dans un scénario de procurement, l’agent interagit avec SAP, la comptabilité fournisseurs et le CRM. L’autorisation centrale vérifie que la portée maximale de toutes les parties de la chaîne n’est pas dépassée ; ainsi, même si l’agent peut agir au nom d’un manager, il ne pourra pas outrepasser les droits du personnel de première ligne qui l’a invoqué. Tous les événements sont consignés dans un journal continu, garantissant une chaîne de logs « ininterrompue » exploitable pour les audits post‑incident.

Limites et bonnes pratiques

Okta souligne que le principal risque ne provient pas d’une compromission externe, mais d’un mauvais alignement de l’agent, qui pourrait exécuter une action non prévue par l’utilisateur d’origine. La solution proposée repose sur une identité robuste, mais elle exige une mise en œuvre rigoureuse : éviter les raccourcis sur les fondations, définir clairement les limites de chaque agent et surveiller les déviations de scope en temps réel. L’absence de standards ouverts pour la représentation du scope des agents IA constitue une contrainte actuelle, limitant l’interopérabilité entre fournisseurs. Enfin, la capacité à fournir une chaîne de responsabilité complète dépend de la granularité des logs et de la rétention des données, aspects qui restent à préciser par chaque organisation.