Nouvelles fonctions d’enregistrement
OpenShot 4.0 propose une vue d’enregistrement capable de capturer simultanément microphone, écran, webcam et audio système. Chaque source est enregistrée dans un fichier média distinct et placée comme clip individuel sur la timeline, ce qui permet de couper, ajuster le volume ou appliquer des effets à une piste sans impacter les autres. La synchronisation entre les pistes est assurée en temps réel, puis les aperçus temporaires sont remplacés par les fichiers définitifs dès l’arrêt de l’enregistrement. Le module s’appuie sur les API natives de chaque système d’exploitation : Windows, macOS, Linux X11 et Linux Wayland via PipeWire, ce qui explique les variations de disponibilité selon la plateforme et les permissions accordées.
Vue couleur et étalonnage
Le nouveau Color View centralise un aperçu vidéo, des propriétés de clip, des roues chromatiques, des courbes éditables et des scopes vidéo. Le « Color Grade » regroupe les contrôles d’exposition, contraste, température, teinte, hautes lumières, ombres, saturation et vibrance, ainsi que trois roues de couleur (globales, ombres, tons moyens, hautes lumières). Quatre courbes permettent d’ajuster séparément les canaux rouge, vert et bleu ainsi que la courbe globale, avec des points de contrôle manipulables en Bézier. OpenShot accepte les fichiers LUT au format .cube et offre un curseur d’intensité pour les superposer partiellement, évitant une application binaire. Tous ces paramètres sont keyframables, ce qui rend possible la variation temporelle de la correction ou la création d’une transition de style colorimétrique.
Les scopes intégrés – Luma Waveform, Histogramme, RGB Parade et Vectorscope – affichent les valeurs réelles de luminance et de chrominance. Chaque scope possède un outil de région qui restreint l’analyse à une zone sélectionnée (visage, ciel, objet), facilitant la détection de sur‑exposition ou de dérive de teinte. Le Vectorscope inclut une ligne de référence pour les tons de peau, aidant à maintenir la naturalité des visages.
Intégration d’IA et performances
OpenShot 4.0 introduit des masques pilotés par des modèles d’apprentissage automatique exécutés localement. Les modèles sont téléchargeables gratuitement, fonctionnent sans connexion cloud ni abonnement, et permettent de sélectionner et suivre automatiquement des sujets dans la séquence. Cette approche réduit la latence liée aux services externes et préserve la confidentialité des données vidéo.
Le moteur d’effets a été optimisé : le flou (Blur) est désormais plusieurs fois plus rapide, et les filtres Sharpen, les rendus de timeline, les scopes vidéo et les visualisations audio bénéficient d’une amélioration de la vitesse d’exécution. Ces gains proviennent d’une réécriture partielle du pipeline de rendu et de l’exploitation de Qt 6, qui remplace la version précédente de Qt. Qt 6 améliore la compatibilité avec les distributions Linux récentes et prépare la base pour des ports futurs vers Android et d’autres plateformes.
Fondation technique et limites
Le passage à Qt 6 implique une dépendance accrue aux bibliothèques système modernes, ce qui peut entraîner des incompatibilités sur des distributions Linux plus anciennes ou sur des environnements où les pilotes graphiques ne supportent pas les extensions requises. De plus, les modèles d’IA locaux sont limités aux architectures CPU courantes ; aucune accélération GPU n’est annoncée, ce qui peut ralentir le masquage en temps réel sur des machines modestes. Enfin, la documentation indique que les options d’enregistrement varient selon le système d’exploitation, laissant une part d’incertitude quant à la disponibilité de la capture audio système sous macOS, où les restrictions de permission sont plus strictes.