Contexte et annonce

Le 24 septembre 2026, Oracle a transmis à Blue Owl Capital, le propriétaire du projet Jupiter, un avis de force majeure. Cet avis, habituel dans les contrats d’énergie, permet à Oracle de reporter ses paiements si le campus ne respecte pas la date de mise en service prévue pour 2028. Oracle précise ne pas vouloir se désengager du projet et affirme que le calendrier reste inchangé, malgré les retards signalés par les autorités.

Architecture et dépendances techniques

Project Jupiter, premier site du programme Stargate lancé avec OpenAI et SoftBank, est dimensionné pour fournir 2,45 gigawatts de puissance. La conception repose sur des piles à combustible à gaz fournies par Bloom Energy, ce qui rend l’approvisionnement en gaz naturel critique. Un pipeline d’Energy Transfer, destiné à acheminer le gaz, a été repoussé de près de six mois, avec une nouvelle date de mise en service fixée au 1 février 2027 après plusieurs refus de permis. Parallèlement, le permis de qualité de l’air nécessaire au fonctionnement des piles à combustible doit être rendu avant le 23 novembre 2026, sinon la chaîne d’alimentation resterait incomplète.

Ces dépendances créent une chaîne de contraintes : le retard du pipeline retarde l’alimentation en gaz, ce qui empêche les piles à combustible d’atteindre la capacité de 2,45 GW, et le manque de permis d’émission bloque le démarrage même si le gaz était disponible. La combinaison de ces facteurs explique la décision d’Oracle d’activer la clause de force majeure afin de protéger ses flux financiers.

Implications contractuelles et risques

L’avis de force majeure ne modifie pas les engagements financiers de Blue Owl Capital, qui continue de financer le projet sur plusieurs années. Cependant, il introduit une incertitude quant à la capacité d’Oracle à respecter les échéances de paiement, ce qui pourrait affecter la trésorerie du développeur et retarder le financement d’autres sites Stargate. Sur le plan juridique, la clause donne à Oracle le droit de suspendre les versements sans pénalité tant que le retard est attribuable à des événements hors de son contrôle, ici les retards de pipeline et les autorisations environnementales.

Sur le plan stratégique, le projet est devenu un point de tension politique dans le Nouveau‑Mexique, avec des oppositions locales et des groupes environnementaux qui contestent l’impact des piles à combustible et du pipeline. Oracle a lancé une campagne de sensibilisation pour apaiser ces critiques, mais la visibilité médiatique accrue avant les élections de mi‑mandat pourrait intensifier la pression réglementaire.