Architecture matérielle

Le console papyDeck repose sur trois microcontrôleurs RP2350B, chacun doté de deux cœurs Cortex‑M33, soit un total de six cœurs synchronisés (genlocked). Cette synchronisation permet de générer un signal HDMI stable à 640×480 px, 60 Hz, sans tearing. Le tableau mesure 60 mm de côté et intègre le routage HDMI, le Wi‑Fi, le Bluetooth et un connecteur micro‑SD. La combinaison de trois puces augmente la bande passante vidéo, ce qui se traduit par environ 3 000 pixels sprite actifs par ligne de balayage, soit près du double de la capacité d’une Neo Geo classique.

Logiciel et machine virtuelle

Chaque jeu est un dossier main.lua stocké sur la carte micro‑SD. Le moteur exécute ce script dans une machine virtuelle Lua sandboxée : aucune appel système, aucun accès direct au système de fichiers et aucune charge dynamique de code binaire. En cas d’erreur, la VM renvoie le numéro de ligne, évitant ainsi le plantage complet de la console. Le même noyau Lua est compilé pour le navigateur, ce qui garantit que le rendu du simulateur en ligne correspond exactement à celui du matériel.

local ship = gfx.id("game/ship")
local x, y = 320, 240
function _update()
  local p = pad.get()
  if p & pad.LEFT ~= 0 then x = x - 2 end
  if p & pad.RIGHT ~= 0 then x = x + 2 end
  if p & pad.UP ~= 0 then y = y - 2 end
  if p & pad.DOWN ~= 0 then y = y + 2 end
end
function _draw()
  gfx.sprite(ship, x, y)
end

Fonctionnalités et mise à jour

Le système embarqué gère le Wi‑Fi pour télécharger directement des jeux depuis le menu, le Bluetooth pour connecter des manettes, et une sortie audio 4 canaux via la prise casque. Les quatre firmwares (un par puce) sont mis à jour OTA, ce qui simplifie la maintenance mais impose une chaîne de confiance stricte : chaque mise à jour doit être signée, sinon la console refuse l’installation. Le projet reste en phase alpha : le support audio HDMI, le superviseur de tension et le module de sécurité (secure element) sont encore en cours d’intégration.

Open hardware et perspectives

Le matériel est publié sous licence CERN‑OHL‑P, le firmware sous MIT. Les schémas, le design 3D et le code source seront rendus publics dès que la production du V1 sera stabilisée. Cette transparence permet à des tiers de reproduire, modifier ou améliorer le design, mais elle expose également la console à des analyses de sécurité approfondies. L’absence actuelle d’un élément de sécurisation matérielle (secure element) représente un point faible potentiel, notamment pour les mises à jour OTA. En outre, le manque de prise en charge audio HDMI limite l’expérience multimédia, un problème que les développeurs prévoient de résoudre dans les prochaines révisions.