Méthode de capture

Brendan Larsen a installé son appareil sur le flanc du mont Taranaki et a programmé une prise en rafale d’expositions de huit secondes, séparées par un intervalle de deux secondes. Cette cadence a généré 578 images en l’espace de deux heures, chaque cliché contenant en moyenne 25 traînées de satellites. Le nombre total de passages détectés dans la séquence s’élève à environ 14 450, ce qui correspond à près de 1 400 satellites distincts traversant le ciel nocturne pendant la session.

Processus de composition

Après la capture, Larsen a importé l’ensemble des fichiers dans Adobe Photoshop. Il a superposé chaque image, créant ainsi une pile de 578 calques. Le masquage manuel a consisté à isoler chaque traînée de satellite tout en supprimant les étoiles sous‑jacentes, opération qui a requis environ 45 heures de travail. Le résultat final est une image composite où les traînées sont visibles en continu, tandis que le fond stellaire apparaît épuré.

Analyse des données satellites

Le comptage de 14 450 apparitions de traînées permet d’estimer la densité de la constellation en orbite basse au moment de la prise. En divisant le total par le nombre de photos, on retrouve la moyenne de 25 traînées par exposition, cohérente avec les rapports d’observations similaires. Cette densité indique que la plupart des satellites proviennent de constellations commerciales, dont le lancement a explosé ces dernières années. L’image montre également la répartition temporelle des passages, chaque traînée étant alignée selon la trajectoire orbitale et la rotation de la Terre.

Limites et perspectives

Le procédé repose entièrement sur un effort humain : le masquage manuel ne peut être automatisé sans risque de supprimer des détails astronomiques. De plus, la méthode ne capture que les satellites visibles dans la bande optique du capteur, excluant les objets plus petits ou les débris non réfléchissants. Enfin, la durée de l’exposition (huit secondes) impose une sensibilité à la lumière ambiante, ce qui peut masquer des traînées plus faibles. Malgré ces contraintes, l’image constitue une preuve visuelle de l’encombrement croissant du ciel nocturne, offrant aux chercheurs un point de départ pour quantifier l’impact des constellations sur l’astronomie de terrain.