Présentation du dispositif
PNOĒ, start‑up issue de Y Combinator (Winter 2019) et issue d’un doctorat en capteurs à l’Université de Cambridge, dévoile le PNOĒ 2.0 le 1 octobre 2026. Le masque couvre nez et bouche, se fixe par des sangles arrière et intègre une électronique détachable. La nouveauté majeure réside dans la capacité d’un utilisateur à réaliser le test seul : il suffit d’appuyer sur un bouton, de s’asseoir et de respirer pendant huit minutes. Cette autonomie contraste avec le modèle précédent, qui nécessitait un opérateur formé et limitait l’usage aux laboratoires sportifs ou aux hôpitaux.
Architecture technique et mesures métaboliques
Le capteur embarqué analyse le débit d’oxygène consommé (O₂) et le dioxyde de carbone expiré (CO₂) pour calculer VO₂ max, le taux métabolique au repos et la flexibilité métabolique. Au total, le dispositif capture 23 biomarqueurs, dont la proportion de graisses versus glucides brûlées. Les données sont traitées en temps réel par un microcontrôleur dédié, puis synchronisées via Bluetooth avec une application cloud qui convertit les valeurs brutes en recommandations d’alimentation et d’entraînement. Le détachement de l’électronique du masque en silicone permet le partage du matériel coûteux tout en garantissant l’hygiène entre utilisateurs.
Précision, fiabilité et contraintes réglementaires
PNOĒ affirme que la précision du masque « équivaut à celle d’un laboratoire », en s’appuyant sur la même méthodologie de mesure des gaz que les équipements de cardiorespiratory fitness traditionnels. La réduction du nombre de pièces mobiles, selon le co‑fondateur Apostolos Atsalakis, améliore la fiabilité mécanique. Toutefois, le dispositif n’est pas encore certifié FDA et la société le classe comme « wellness device », excluant toute prescription médicale. Cette position limite l’usage à des environnements de bien‑être (clubs de sport, hôtels, spas) et impose une vigilance quant à la communication des résultats, qui ne peuvent pas être utilisés pour diagnostiquer des pathologies.
Implications commerciales et limites
Le modèle économique repose sur une offre B2B : les entreprises paient un abonnement mensuel de 400 $ à plus de 1 000 $, incluant le matériel, le logiciel, la formation et les supports marketing. Parmi les premiers clients figurent Equinox, Four Seasons, Red Bull, la NBA, le Mount Sinai Health System et la chaîne de med‑spas Restore Hyper Wellness. Environ 85 % du chiffre d’affaires provient des États‑Unis, marché que le CEO qualifie de « le plus avancé globalement ». Les levées de fonds totalisent 22 M $, dont une ronde récente de 11 M $ soutenue par 50 Years et Lars Rasmussen. Malgré l’ambition de transformer le masque en outil de dépistage de maladies (ex. cancer via l’analyse du souffle), les régulations et la validation clinique restent à moyen terme, ce qui constitue la principale barrière à une expansion au‑delà du secteur du bien‑être.