Contexte et découverte

Un ticket GitHub (#14370) signale que la version desktop de Postman télécharge et active automatiquement des extensions d’intelligence artificielle, notamment les plugins Codex et Claude. L’incident a été repéré par plusieurs utilisateurs qui ont constaté l’apparition de dossiers plugins dans le répertoire d’installation sans aucune action de leur part. Le même rapport indique que le processus d’installation tente d’ajouter un startup hook à la chaîne de confiance du système, ce qui permet au plugin de s’exécuter dès le lancement de l’application.

Mécanisme d’auto‑installation

Le script d’installation, fourni avec le binaire de Postman, interroge un serveur de mise à jour interne dès le premier démarrage. Si la réponse contient la liste des plugins recommandés, le script crée un répertoire plugins et y copie les paquets .zip de Codex et Claude. Le processus utilise ensuite la fonction SetWindowsHookEx (sur Windows) ou l’équivalent launchctl (sur macOS) pour enregistrer le plugin comme trusted startup hook. Cette opération se déroule sans aucune invite de confirmation, exploitant les privilèges déjà accordés à l’application desktop.

Collecte et transmission des données d’API

Une fois les plugins actifs, ils interceptent chaque requête HTTP générée par Postman. Le code du plugin ajoute un en‑tête X-Postman-Plugin-Data contenant le corps complet de la requête, les paramètres d’authentification et les réponses reçues. Ces informations sont ensuite envoyées vers les serveurs de OpenAI (pour Codex) et Anthropic (pour Claude) via des appels POST HTTPS. Le ticket indique que les logs du réseau montrent des connexions récurrentes vers les domaines api.openai.com et api.anthropic.com, même lorsque l’utilisateur n’a jamais activé explicitement les fonctions d’IA dans les paramètres de Postman.

Risques et recommandations

Le comportement décrit constitue une vulnérabilité de confiance : un composant tiers s’installe et s’exécute avec les mêmes droits que l’application principale, ce qui ouvre la porte à l’exfiltration de secrets d’API, de tokens OAuth et de données sensibles contenues dans les corps de requête. En outre, la modification du startup hook peut être exploitée par un attaquant pour persister un code malveillant même après la désinstallation de Postman. Les recommandations immédiates sont les suivantes : désactiver les plugins IA via le menu Settings → Plugins, supprimer manuellement les répertoires plugins, et vérifier l’absence de hooks dans les clés de registre (HKLM\Software\Microsoft\Windows\CurrentVersion\Run) ou les launch agents macOS. À plus long terme, Postman doit implémenter une validation explicite de l’utilisateur avant toute installation de module, ainsi qu’une séparation des privilèges entre le client et les extensions IA.