Présentation d'OS3

Rabbit a dévoilé OS3, qualifié d'« agentic operating system », qui permet d’exécuter un agent d’intelligence artificielle sur des ordinateurs classiques (Windows, macOS, Linux) sans recourir au dispositif matériel R1 précédemment commercialisé. Le service s’appuie sur une infrastructure cloud qui orchestre les modèles d’IA, mais l’exécution des tâches se fait localement sur le poste de l’utilisateur, ce qui élimine la dépendance à un appareil dédié.

Architecture technique

OS3 utilise un modèle hybride : le serveur cloud conserve les modèles d’IA sélectionnés par l’utilisateur et transmet les poids nécessaires aux clients. Chaque client télécharge les composants requis, les charge en mémoire et effectue le calcul sur le processeur ou le GPU disponible. Le système détecte automatiquement les fichiers, applications et périphériques pertinents pour la tâche, puis orchestre l’interaction entre le modèle et les ressources locales. Cette approche réduit la latence perçue, car les données sensibles ne quittent pas la machine, tout en conservant la flexibilité du cloud pour la mise à jour des modèles.

Un compte Rabbit peut regrouper jusqu’à cinq appareils, ce qui implique une synchronisation d’état (sessions, historiques de conversation) entre les clients via les serveurs de Rabbit. Les historiques de chat et les « memories » sont stockés sur les serveurs, mais Rabbit affirme ne pas copier, vendre ou exploiter ces données à d’autres fins. Les fournisseurs d’IA tiers intégrés à OS3 appliquent leurs propres politiques de confidentialité, ce qui crée une chaîne de responsabilité distribuée.

Implications de sécurité et de confidentialité

Le modèle local limite l’exposition des données personnelles aux interceptions réseau, mais la conservation des conversations sur les serveurs constitue un point de centralisation. Si un attaquant compromise les serveurs Rabbit, il pourrait accéder aux historiques de chat, même si les contenus de traitement restent locaux. De plus, la transmission des poids de modèle depuis le cloud vers le client nécessite un canal chiffré et une vérification d’intégrité pour éviter l’injection de modèles malveillants.

Rabbit a arrêté la production du R1, mais prévoit de lancer un « cyberdeck » – un dispositif portable destiné à héberger OS3 en natif. Cette orientation indique que l’entreprise mise sur une architecture matérielle légère, probablement basée sur des processeurs ARM ou x86 à faible consommation, capable de supporter les exigences de calcul des modèles de taille moyenne. L’absence de R1 signifie que les utilisateurs actuels doivent compter sur la puissance de leurs PC, ce qui peut limiter les performances pour les modèles les plus gourmands.

Limites et perspectives

OS3 repose sur la disponibilité d’une connexion internet pour récupérer les modèles et synchroniser les états. Dans des environnements à bande passante restreinte, le temps de téléchargement des poids peut devenir un goulot d’étranglement, retardant l’exécution locale. Par ailleurs, la capacité de traitement locale dépend du matériel de l’utilisateur ; les ordinateurs sans GPU dédié ou avec des CPU modestes risquent de subir des temps de réponse élevés, surtout pour des tâches de génération de texte ou d’image de grande taille.

En résumé, Rabbit propose une solution hybride qui combine les avantages du cloud (mise à jour centralisée des modèles) et du calcul local (confidentialité et latence réduite). Le succès d’OS3 dépendra de la robustesse de son protocole de synchronisation, de la transparence de sa politique de stockage des historiques, et de la capacité du futur cyberdeck à offrir une puissance de calcul suffisante pour les modèles les plus avancés.