Contexte et performances financières

Le premier jeu Resident Evil est sorti en 1996 et a engendré une série de films dont le premier reboot, Welcome to Raccoon City (2021), a généré 42 millions de dollars de recettes mondiales contre un budget de 25 millions. Ce résultat a conduit le studio à abandonner un second volet et à annuler la série Netflix prévue en 2022 après une saison jugée médiocre. Le nouveau film, dirigé par Zach Cregger, s’inscrit donc dans un contexte de redressement commercial urgent.

Choix narratifs et fidélité aux jeux

Cregger, fan déclaré de Resident Evil 2, a déclaré à CinemaCon que son scénario éviterait les « narrative acrobatics », les sauts temporels et les chapitres désorientants, privilégiant une progression linéaire « locked in » avec un seul protagoniste. Le film se déroule à l’époque actuelle, alors que le T‑virus se propage à Raccoon City, reproduisant le cadre temporel du jeu original tout en introduisant un personnage inédit, le coursier médical Bryan (Austin Abrams), dont la compagne enceinte, Michelle (Sara Paxton), crée une tension dramatique supplémentaire.

Analyse de la mise en scène et des effets

Le réalisateur intègre une perspective à la troisième personne, rappelant le point de vue du joueur, notamment lors des séquences de tir où la caméra suit la ligne de mire comme dans le gameplay. Cette technique aurait pu paraître gimmick, mais le montage la combine avec des plans traditionnels, évitant ainsi la rupture d’immersion. Les effets pratiques, tels que les zombies qui développent des tentacules après le tir, illustrent une volonté de pousser le gore au-delà du simple maquillage, rappelant les standards de la franchise tout en introduisant une originalité visuelle. Le film utilise également un humour noir comparable à Shaun of the Dead, mais, selon Cregger, la plupart des blagues ont été retirées après les tests de public, ce qui a limité le ton comique.

Réception critique et perspectives

Les premiers retours soulignent la performance d’Austin Abrams, dont l’expression faciale transmet efficacement la peur, la frustration et la fascination face aux mutations zombies. Le scénario, décrit comme simple – « Bryan doit livrer un colis avant que la ville ne succombe » – bénéficie d’un rythme soutenu sans temps morts, ce qui contraste avec le désordre narratif du reboot de 2021. Les critiques notent que, malgré l’absence de lien direct avec les personnages des films antérieurs, le film reste « true to the spirit of the games », ce qui pourrait rassurer les fans tout en attirant un public non initié. Si le box‑office du film n’est pas encore connu, son positionnement stratégique – un budget modéré, un casting jeune et une direction créative alignée sur les attentes des joueurs – laisse entrevoir une possible redynamisation de la franchise cinématographique.