Contexte et calendrier initial
Le TM‑B, présenté par la filiale micromobilité d
Contraintes de la chaîne d'approvisionnement
Le responsable produit, Saul Leiken, attribue le retard à des défis majeurs d'approvisionnement liés à la pénurie de circuits imprimés (PCB) et de composants intégrés (IC). La demande accrue d’IA a détourné ces matériaux vers des serveurs et des dispositifs d’apprentissage automatique, réduisant la disponibilité pour les produits de niche comme le TM‑B. Pour pallier ces ruptures, Also a dû sélectionner des matériaux alternatifs, ce qui a imposé des cycles supplémentaires de validation mécanique et électromagnétique afin de garantir la conformité aux spécifications de puissance et de sécurité.
Spécifications de la batterie et exigences réglementaires
Le TM‑B propose deux packs de batterie – 538 Wh et 808 Wh – destinés à offrir environ 100 miles d’autonomie. Cependant, la motorisation délivre 240 W, un niveau qui dépasse les seuils de puissance autorisés par les normes de vélos électriques en vigueur dans plusieurs juridictions. Cette discordance oblige Also à collaborer avec les organismes de normalisation pour définir de nouveaux protocoles de test et de sécurité, allongeant ainsi le cycle de certification.
Complexité du système DreamRide
Le système de transmission « DreamRide » repose sur un pedal‑by‑wire : le cycliste entraîne un moteur générateur monté sur le pédalier, qui recharge la batterie, tandis qu’un moteur de traction distinct, entraîné par une courroie en carbone Gates, propulse la roue arrière. L’absence de liaison mécanique directe nécessite une synchronisation logicielle précise et une fabrication à haute tolérance. Toute variation de l’usinage ou du calibrage du capteur de couple entraîne des dérives de performance, justifiant la décision d’Also de ralentir la montée en cadence pour préserver la qualité.
Analyse des impacts et perspectives
Les retards du TM‑B illustrent les limites actuelles de la production de systèmes électromécaniques ultra‑intégrés dans un contexte de pénurie de composants critiques. Le choix de maintenir des standards de qualité élevés, bien que justifiable d’un point de vue sécurité, augmente les coûts de développement et prolonge le délai de mise sur le marché. En outre, la nécessité de réviser les normes de puissance expose le produit à des incertitudes réglementaires qui peuvent varier d’un pays à l’autre, compliquant la stratégie de lancement global.
Pour réduire les délais futurs, Also devra sécuriser des sources d’approvisionnement dédiées pour les PCB et IC, éventuellement via des accords de pré‑commande ou la mise en place de lignes de production internes. Parallèlement, l’optimisation du processus de validation du système DreamRide, par l’usage de simulations numériques avancées, pourrait limiter les itérations physiques. Sans ces ajustements, la capacité de Rivian à livrer des produits à forte densité logicielle restera vulnérable aux fluctuations du marché des semi‑conducteurs.