Présentation du dispositif
Le ministère de la Défense britannique a créé le Space Effects Squadron, une unité dédiée à la protection des satellites nationaux. Selon le BBC, la Royal Air Force exploite depuis un an un système terrestre d'electronic warfare capable de brouiller ou bloquer les signaux de satellites étrangers. Le même service a déjà été mobilisé pour « dissuader nos adversaires », selon une source de la défense.
Fonctionnement et cibles
Le système agit en émettant des ondes radio qui perturbent les liaisons de télémétrie et de communication des satellites hostiles. Les autorités britanniques affirment qu’il peut empêcher le suivi des submarins nucléaires et d’opérations spéciales, ainsi que la dégradation des services de détection de missiles, de communications et de guidage maritime. Le secrétaire à la Défense, Wes Streeting, a quantifié le risque économique d’une perte de GPS à 1,4 milliard de livres par jour.
Contexte géopolitique
Le Royaume‑Uni n’est pas isolé : le même type de système aurait été utilisé par la Russie « chaque semaine », d’après le chef de l’ancien Space Command britannique. Les États‑Unis ont confirmé, pour la première fois, le déploiement d’une arme non spécifiée en orbite pour protéger leurs propres satellites. La Chine et la Russie ont dénoncé ces initiatives, les qualifiant d’« course aux armements spatiaux ». Des rapports indiquent que la Russie a récemment provoqué des perturbations GPS à l’échelle de l’Europe et du Canada via une constellation de satellites.
Impacts et limites
Le recours au brouillage soulève des questions de proportionnalité et de collisions électromagnétiques avec les satellites civils. Aucun chiffre officiel n’est fourni sur le nombre de satellites affectés ou sur la puissance exacte du système britannique, ce qui rend difficile l’évaluation de l’impact collatéral. En outre, la dépendance généralisée aux services spatiaux – météo, énergie, finance, livraisons – signifie que toute escalade pourrait rapidement affecter les infrastructures civiles. Le RAF continue de surveiller les mouvements de cinq satellites russes proches de deux satellites commerciaux finlandais, illustrant la tension croissante autour du trafic orbital.